Les écoles privées profiteront cette année d’une hausse de plus de 4 % de leur financement, alors que les écoles publiques devront se contenter de 1 %, dénonce le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois.
Pourtant, «c’est dans les écoles publiques qu’il y a les enfants défavorisés, (...) le plus de violence, où on devrait le plus concentrer nos efforts», a-t-il fait valoir, mercredi.
«Pourquoi la ministre de l’Éducation augmente-t-elle davantage les budgets du réseau privé que ceux du réseau public?» a-t-il demandé, interpellant sa vis-à-vis Sonia LeBel à la période des questions au Salon rouge.
Celle-ci s’est vite empourprée; elle a soutenu que la hausse de la compensation de la taxe scolaire s’ajoutait notamment au budget des écoles publiques, portant la croissance à 3 %.
Mme LeBel a plaidé que le gouvernement finançait les deux réseaux «en fonction de leurs clientèles», que «le financement suivait l’élève» et que c’était tout à fait «équitable».
Revenant à la charge, M. Nadeau-Dubois a brandi une demande d’accès à l’information démontrant que les prévisions de fréquentation du réseau privé étaient à la baisse.
«Si l’argent suit les élèves, comment la ministre justifie-t-elle d’augmenter davantage le financement du réseau privé?» a-t-il lancé.
Le budget est une «autorisation de dépenses», a expliqué Mme LeBel. «Maintenant, il y aura des règles budgétaires pour lesquelles on va s’adapter à la prévision réelle et ce qu’il va se passer sur le terrain. Je le réitère: (...) chaque enfant sera financé de façon équitable.»
Plus tôt, en mêlée de presse, M. Nadeau-Dubois s’était désolé de l’augmentation de la violence à l’école, surtout à l’égard des filles.
Selon les résultats de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire publiés dans «La Presse», 38 % des filles ont déclaré vivre de la violence en 2022-2023, une hausse de 7 % par rapport à 2010-2011.
«Il faut investir massivement en prévention. Malheureusement, avec une augmentation des dépenses en éducation d’entre 2 et 3 %, (...) il n’y a aucune chance (...) qu’on soit capable d’embaucher davantage de professionnels», s’est indigné le député de Gouin.
Plusieurs intervenants sur le terrain sont d’avis que «la prévention dans les écoles publiques, ça n’existe plus», a-t-il rapporté.
La ministre LeBel n’est pas d’accord; selon elle, «les ressources sont là» pour faire face au phénomène et le réseau a déjà les «outils nécessaires» pour réagir. «Maintenant, il faut s’assurer de bien les déployer», a-t-elle dit.
De son côté, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Sonia Bélanger, a déclaré qu’il fallait «continuer d’investir en prévention». «Il y a un phénomène qui est en train de se passer, puis il faut vraiment explorer ça et mettre fin à ça», a-t-elle dit.

