Des groupes représentant des francophones en situation minoritaire au Canada dénoncent «une grande injustice» à leur endroit, dans l’attribution de fonds fédéraux pour le développement des compétences. Ils viennent de porter plainte au Commissariat aux langues officielles à ce sujet.
Le Réseau pour le développement de l’alphabétisation et des compétences (RESDAC) et la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada ont rencontré la presse à Ottawa, jeudi, pour expliquer leurs doléances face à ce manque d’accès à des fonds fédéraux.
Ces fonds servent, par exemple, à développer les compétences de travailleurs, et à améliorer la littératie, la numératie ou, de façon générale, à accroître l’employabilité.
«Lorsque les organismes francophones ont moins accès aux investissements destinés au développement des compétences, ils disposent de moins de moyens pour préparer les travailleurs aux transformations du marché du travail, pour développer de nouvelles compétences, offrir de la formation et accompagner les personnes qui doivent se requalifier», a expliqué Geoffroy Krajewski, président du RESDAC.
Ces groupes soutiennent que «plusieurs centaines de millions de dollars» sont distribués, chaque année, en fonds de recherche et de développement des compétences «à des organismes anglophones, au niveau national, et qui ne prévoient aucune retombée pour les francophones en milieu minoritaire».
«Comprenez nous bien: nous ne demandons pas de fonds supplémentaires. Nous souhaitons simplement avoir notre part, notre juste part. C’est une injustice d’être exclus de ces fonds-là», a ajouté M. Krajewski.
Traduire les outils et les formations de l’anglais au français ne suffit pas, insistent ces groupes. Ils tiennent à une approche adaptée aux communautés francophones en situation minoritaire, «par et pour» elles, afin de tenir compte des réalités qui leur sont propres.
«Toute la question de l’alphabétisme et des compétences est importante pour la vitalité de la francophonie», a plaidé à ses côtés Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada.
«Nous sommes en plein dans l’économie du savoir. Pour les francophones, le défi n’est plus simplement d’avoir des compétences en lecture ou de savoir faire une transaction en ligne, c’est de pouvoir se développer, se perfectionner, se recertifier constamment, en français, tout au long de leur carrière et de leur vie», a expliqué Mme Roy.
Avant d’en venir à une plainte au Commissariat aux langues officielles, ces groupes disent avoir tenté d’alerter des fonctionnaires et des hauts-fonctionnaires, sans succès.

