Le gouvernement devrait se contenter de définir de grandes orientations, sans distribuer de généreuses subventions ou favoriser certains joueurs plutôt que d’autres, a réagi le Conseil du patronat au lendemain du dépôt d’un rapport très critique de la vérificatrice générale sur la filière batterie.
Mercredi, le gouvernement caquiste a été semoncé pour son manque de rigueur et les centaines de millions de dollars de fonds publics qui ont été perdus, notamment dans Northvolt.
En conférence de presse à Québec jeudi, la présidente et cheffe de la direction du CPQ, Michelle LLambías Meunier, a d’abord refusé de commenter directement le contenu du rapport.
Cependant, elle a fait savoir que l’État peut prioriser des secteurs, comme cela se fait actuellement en défense, ou auparavant en aéronautique ou en pharmaceutique, mais doit s’abstenir de choisir des «champions» lui-même.
«C’est là où nous, on a une réserve», a-t-elle commenté.
«L’État a un rôle à jouer quand il s’agit de définir des grandes stratégies économiques, mais après, c’est au marché, aux entreprises elles-mêmes de pouvoir déterminer lesquelles réussissent mieux que d’autres, en fonction de leurs modèles d’affaires, de leurs produits, de leurs services.»
Il faut «mettre les choses en perspectives», a-t-elle ajouté: il y a 18-24 mois la filière batterie était un «secteur porteur» et le Québec avait de nombreux atouts pour développer la «chaîne de valeur», donc «l’idée n’était pas mauvaise», mais après, il y a eu des «changements géopolitiques», tels que l’élection de Donald Trump.
Demandes préélectorales
Le CPQ était à Québec pour adresser ses demandes aux partis en vue des élections.
Il réclame notamment la réduction de l’impôt des sociétés, ainsi que l’allégement du fardeau réglementaire et administratif.
La fiscalité actuelle «n’aide pas les entreprises à croître», a déploré la vice-présidente à la recherche et économiste en chef au CPQ, Norma Kozhaya.
«On fait juste ajouter des couches et des couches et des couches» de réglementation, a renchéri Mme LLambías Meunier.
Le CPQ demande aussi de mieux utiliser les investissements en maintien d’infrastructures et de «sortir de la logique du plus bas soumissionnaire».
L’organisme demande d’augmenter l’immigration économique à 45 000 personnes par année, alors que le gouvernement Fréchette la fixe à 29 000 par année, plus 10 000 personnes en regroupement familial et 6000 réfugiés, pour un total de 45 000 par an, toutes catégories confondues.
Enfin, le CPQ réclame aussi une «plus grande transparence dans l’octroi des contrats d’approvisionnement énergétique et une diversification accrue des sources d’énergie».
L’organisme a eu des échanges avec des représentants de chacune des formations représentées à l’Assemblée nationale, sauf avec Québec solidaire. La rencontre devrait être fixée bientôt, a-t-on dit.

