Une commission parlementaire prévoit d’organiser des auditions sur le processus de contrôle de sécurité au Canada, à la suite de l’arrestation d’une stagiaire canadienne soupçonnée d’espionnage à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).
Le Comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes a décidé, lors d’une réunion lundi, d’inviter le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, ainsi que d’autres parties à venir témoigner.
Les députés prévoient la tenue d’au moins trois réunions à titre prioritaire, bien qu’aucune date n’ait encore été fixée.
Le député conservateur Dane Lloyd, qui a présenté une motion visant à organiser ces auditions, a affirmé que cette proposition avait pour but de donner aux Canadiens et aux alliés du pays «la confiance nécessaire pour s’assurer que notre système fonctionne correctement afin de garantir l’intégrité de notre sécurité nationale».
Les députés du Bloc québécois et du Parti libéral siégeant au comité ont soutenu le projet d’auditions. Le député du Bloc Sébastien Lemire a dit qu’il s’agissait d’une question importante, et d’un sujet très sensible.
Le parquet fédéral belge a annoncé le 25 juillet qu’«une ressortissante canadienne d’origine chinoise» avait été arrêtée pour espionnage et participation à une organisation criminelle.
La suspecte, dont le nom n’a pas été divulgué par le parquet, travaillait comme stagiaire au Grand quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) de l’OTAN, à Mons, en Belgique.
Le parquet a indiqué qu’elle avait attiré l’attention des services de sécurité de l’organisation, qui avaient signalé l’affaire aux services de renseignement militaire belges.
Une source fédérale non autorisée à s’exprimer publiquement sur la question a indiqué que les autorités canadiennes sont parties du principe selon lequel la suspecte était Biwei Zhang, aussi connue sous le nom de Claire Zhang, qui avait auparavant été employée par des agences gouvernementales canadiennes.
Une variante de ce nom a fait surface dans les médias peu après l’arrestation. La publication européenne Follow the Money et ses partenaires médiatiques Le Soir, Knack et La Lettre ont révélé que l’identité de la stagiaire était Claire Z.
La Presse Canadienne a tenté de contacter Mme Zhang par courriel pour obtenir ses commentaires, mais n’a pas reçu de réponse.
L’article indiquait qu’elle était arrivée à Mons en juillet 2025 pour commencer à travailler au sein du service informatique du SHAPE.
Il précisait également que sa présence sur les réseaux sociaux montrait qu’elle avait auparavant effectué un stage de dix mois au centre de recherche de l’Agence spatiale européenne en Italie et travaillé à l’Organisation mondiale du commerce en Suisse, ainsi que pour divers organismes gouvernementaux canadiens.
Un responsable de l’OMC a confirmé que Claire Zhang avait été stagiaire au sein de l’organisation pendant une courte période en 2023.
Un profil LinkedIn au nom de «Claire Z», correspondant à la description de la suspecte, indique que l’utilisatrice est titulaire d’une licence en économie appliquée de l’université York et d’un master en informatique et ingénierie des systèmes de l’université d’Ottawa.
Le profil indique que l’utilisatrice a travaillé à l’Agence spatiale canadienne comme ingénieure en systèmes, à Statistique Canada comme économiste, et au Conseil national de recherches du Canada comme spécialiste en science des données.
Le mois dernier, ces trois organismes fédéraux ont répondu de manière identique aux questions posées par La Presse Canadienne.
«Nous prenons cette affaire très au sérieux», a écrit Sandrine Masella, de l’Agence spatiale, dans un communiqué envoyé par courriel.
«Toutefois, afin de respecter l’intégrité de l’enquête et les procédures de la police fédérale belge, qui n’a pas révélé l’identité de la personne placée en détention, nous ne confirmerons pas pour l’instant de détails précis concernant l’identité de cette personne.»
«Nous continuerons à collaborer au niveau national et avec nos partenaires internationaux afin de protéger la sécurité nationale et de préserver l’intégrité du processus d’enquête.»
Selon les dossiers judiciaires, la Commission de la fonction publique du Canada a conclu en 2023 que Mme Zhang s’était rendue coupable de fraude dans le cadre d’un processus de nomination à un poste au sein de l’Agence des services frontaliers du Canada. L’année suivante, la Cour fédérale a rejeté sa demande de contrôle juridictionnel de cette décision.
Elle a présenté une lettre d’excuses au cours de l’enquête menée sur ses agissements.

