Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a raison de craindre que son parti soit espionné par Ottawa, selon son adversaire politique, le ministre caquiste de la Justice, Simon Jolin-Barrette.
En mêlée de presse à l’Assemblée nationale mercredi, M. Jolin-Barrette a déclaré que «les parlementaires doivent toujours être vigilants».
La veille, M. St-Pierre Plamondon avait confié que lors de réunions du Parti québécois (PQ), les téléphones étaient placés dans des sacs de Faraday, servant à les protéger de l’espionnage, et sortis de la pièce.
Il a accusé Ottawa d’avoir posé par le passé «des gestes éthiquement et légalement très douteux de surveillance sur les élus du PQ». «Donc, on travaille en se disant que c’est très possible que ce soit le cas», a-t-il dit.
«Les craintes de M. St-Pierre Plamondon ne sont pas infondées, nécessairement, a réagi mercredi M. Jolin-Barrette, en pesant chacun de ses mots. Je pense qu’il faut demeurer vigilants.»
«L’Histoire a démontré que parfois, les règles du jeu, lorsqu’il y a des enjeux nationaux sur l’avenir du Québec, ne sont pas respectées par le gouvernement fédéral. Ça a été amplement documenté.»
«Alors, M. St-Pierre Plamondon, pour son option, pour le fait d’être vigilant, je pense qu’il a une bonne approche, a poursuivi le ministre. M. St-Pierre Plamondon est légitime de se questionner et d’être vigilant par rapport à son option.»
Les propos de M. Jolin-Barrette tranchent avec ceux de son collègue, le ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, qui s’est dit mardi «surpris» par les allégations du chef du PQ.
«Je ne dis pas que c’est impossible. J’en doute beaucoup. (…) Je pense que leur stratégie est assez transparente: ils veulent un référendum», a-t-il soutenu.
«PSPP se dit “obligé de présumer” que le fédéral les espionne, lui et le PQ. La bonne nouvelle, c’est que je suis sûr que ça se soigne», a lancé sur les réseaux sociaux le député fédéral Alexandre Boulerice, qui souhaite se présenter pour Québec solidaire (QS).
M. Boulerice a fait une «blague», a expliqué en point de presse mercredi le député solidaire Guillaume Cliche-Rivard.
«Qu’on fasse de l’humour sur des questions de santé mentale en 2026, c’est complètement inacceptable et c’est déplorable», s’est plus tard emporté le député péquiste Pascal Paradis.
De son côté, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, est resté sobre dans ses commentaires.
«Je n’ai pas à rire des propos de M. St-Pierre Plamondon, a-t-il dit. Si M. St-Pierre Plamondon s’estime espionné, (...) ça lui appartient, il fera les vérifications qu’il veut.»
M. Boulerice s’est finalement excusé pour ses propos jeudi en début d’après-midi sur les réseaux sociaux. Il les a qualifié de «maladroits» et a ajouté que la santé mentale est un sujet «sérieux».
«Tout le monde sait que je défends depuis toujours les plus vulnérables, incluant les personnes vivant avec des troubles de santé mentale. Personne ne peut remettre en question ma conviction à ce sujet. Je rappelle aussi qu’il est toujours imprudent de lancer des allégations sans aucuns faits ni aucune preuve.»
— Alexandre Boulerice, député de Rosemont - La-Petite-Patrie
Avec des informations d’Olivier Demers, Noovo Info

