Le gouvernement caquiste défend le travail de ses députés et «respecte le travail du promoteur» dans le dossier controversé de TES Canada, un projet d’usine d’hydrogène de plus de 4 milliards $ qui doit être alimenté avec ses propres éoliennes et son parc éolien en Mauricie.
Le projet est actuellement contesté dans plusieurs localités et 64 élus des MRC de Mékinac et des Chenaux ont signé une lettre adressée au gouvernement le 10 mars dernier pour fermer la porte aux éoliennes.
À la période des questions, mardi, le député péquiste Pascal Paradis a déploré l’absence de réponse du gouvernement, alors que toute la Mauricie est représentée par des députés caquistes.
«Je suis allé en Mauricie, j’ai rencontré toutes les parties prenantes, et il y a une chose qui fait l’unanimité, une, c’est que le gouvernement a été complètement absent sur ce sujet, qui est l’un des principaux sujets actuellement dans la région», a dénoncé M. Paradis.
En riposte, le ministre délégué à l’Économie, Samuel Poulin, a fait l’éloge du travail de ses collègues, mais a rappelé aussi comme d’autres ministres avant lui que l’entreprise devait passer le test de l’acceptabilité sociale.
«Je n’ai aucun doute sur la compétence, l’écoute et la détermination de mes collègues de la Mauricie à défendre leur région et à écouter leur population», a-t-il plaidé.
Des élus municipaux de la région avaient déjà indiqué à La Presse Canadienne qu’ils avaient l’impression d’être laissés à eux-mêmes par le gouvernement dans ce dossier clivant qui divise leur communauté et dont la portée dépasse de loin les ressources limitées des petites municipalités.
Des référendums ont été tenus dans certaines municipalités l’an dernier et le Non l’avait emporté. Mais en novembre dernier, Christine Fréchette, qui était alors ministre de l’Économie et de l’Énergie et qui est actuellement candidate à la succession de François Legault, avait alors déclaré que TES Canada est un excellent projet qui fait l’objet de discussions avec les élus locaux.
«La démocratie municipale compte», a assuré M. Poulin en Chambre, en ajoutant que le dossier allait être étudié par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
«Respectons le processus qui est prescrit à l’intérieur de nos lois, respectons évidemment le travail qui se fait de la part de l’entreprise auprès de la communauté.»
TES Canada veut ériger un parc éolien 800 mégawatts, soit plus de 130 éoliennes, et un parc solaire de 200 mégawatts, en vue d’alimenter une usine de production d’hydrogène vert qui sera située à Shawinigan.
L’usine produira donc jusqu’à 70 000 tonnes d’hydrogène vert et alimentera les entreprises québécoises.
L’hydrogène vert servirait à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de secteurs industriels, de certains procédés et du transport lourd qui sont difficiles à électrifier.
Un des clients principaux du projet sera Énergir, qui devra injecter en vertu des règles une proportion de gaz naturel de source renouvelable dans son réseau.
La décision finale d’investissement devrait être prise à la fin de cette année.

