En larmes, la députée de Chomedey, Sona Lakhoyan Olivier, a présenté ses excuses à l’Assemblée nationale après qu’un rapport accablant de la commissaire à l’éthique eut démontré qu’elle avait utilisé son bureau de comté à des fins partisanes lors de la course à la chefferie libérale.
Très émotive durant son mea culpa jeudi, l’élue a reconnu sa responsabilité tout en laissant entendre qu’elle allait rester en poste.
«Je reconnais avoir commis une erreur et avoir dépassé certaines limites prévues au code d’éthique», a affirmé Sona Lakhoyan Olivier au Salon rouge.
Le rapport de la commissaire est sans équivoque: «Les locaux du bureau de circonscription et la masse salariale des membres du personnel ont été utilisés à des fins partisanes entre les mois d’avril et de juin 2025, et de manière accrue à deux moments charnières de la course». On y indique également que la députée a entravé le travail d’enquête de la commissaire.
«Ce n’était pas mon intention d’agir de façon inappropriée. (...) J’ai toujours cru de bonne foi que mes gestes ne dépassaient pas les limites.»
— Sona Lakhoyan Olivier
La commissaire recommande une pénalité de 8000 $ en raison de la «gravité des manquements» et du «manque de respect de la Députée envers les membres de son personnel et l’Assemblée nationale». Sona Lakhoyan Olivier a dit qu’elle acceptait cette sanction.
La semaine dernière, Mme Lakhoyan Olivier avait pourtant déposé une motion au Salon rouge pour demander que «certaines procédures» d’enquête de la commissaire soient «modernisées afin d’assurer un meilleur équilibre entre la protection du public, l’équité procédurale et le respect des personnes visées». La motion a été rejetée par le leader libéral Marc Tanguay.
Les députés doivent encore se prononcer à savoir s’ils vont imposer la pénalité recommandée par la commissaire.
Sona Lakhoyan Olivier a été exclue du caucus libéral en décembre dernier au moment du déclenchement de cette enquête.
La semaine dernière, le chef libéral Charles Milliard a fait bannir la députée de sa formation politique.
Chefferie libérale
Sona Lakhoyan Olivier a appuyé Pablo Rodriguez dans la première course à la chefferie libérale.
Peu de temps après sa victoire, le Journal de Montréal a révélé des textos suggérant que des membres qui appuyaient Pablo Rodriguez lors de la course auraient eu des récompenses en argent. Les personnes à l’origine de ces messages ne sont toutefois pas nommées dans l’article.
La station de radio Cogeco a ensuite affirmé que les deux personnes derrière ces mystérieux textos étaient Sona Lakhoyan Olivier ainsi que la députée caquiste Alice Abou-Khalil. Les deux élues ont démenti et ont envoyé des mises en demeure à Cogeco.
Ces textos ont été l’un des éléments qui ont plongé le PLQ dans une profonde crise l’an dernier.
Devant l’accumulation des déboires, Pablo Rodriguez avait dû démissionner en décembre, ce qui a laissé la place au couronnement de M. Milliard en février dernier.
L’Unité permanente anticorruption (UPAC) et le Directeur général des élections enquêtent également sur sa course. Charles Milliard a d’ailleurs révélé mercredi avoir été rencontré par l’UPAC.
