L’ex-vice-présidente du Congrès mondial ouïghour Zumretay Arkin représentera le Bloc québécois dans la course électorale pour la circonscription montréalaise de Laurier—Sainte-Marie.
Le chef de la formation politique, Yves-François Blanchet, en a fait l’annonce dimanche matin lors d’un point de presse à la place Vauquelin, à Montréal.
Les bloquistes espèrent ravir ce comté laissé vacant par le départ de l’ex-député et ministre libéral Steven Guilbeault.
Le directeur général des élections du Canada, Stéphane Perrault, avait reçu l’avis officiel de vacance du siège le 31 août dernier. L’élection partielle n’a toutefois pas encore été officiellement déclenchée.
Cette circonscription n’est pas n’importe laquelle pour le Bloc québécois, puisqu’elle a déjà été occupée par leur ancien chef, Gilles Duceppe, de 1990 à 2011, avant de passer aux mains des néo-démocrates et des libéraux.
Arrivée au Québec à l’âge de dix ans, Mme Arkin s’est battue pendant de nombreuses années pour le droit à l’autodétermination du peuple ouïghour, portant la voix de sa communauté sur la scène internationale, notamment aux Nations unies.
«Ce combat m’a appris à quel point il est précieux qu’un peuple puisse décider de son propre avenir. Le Québec a un riche patrimoine culturel et linguistique qu’il faut absolument défendre», a-t-elle mentionné.
Ayant grandi à Montréal, la candidate a expliqué qu’elle a passé beaucoup de temps dans la circonscription de Laurier—Sainte-Marie, soulignant qu’elle y avait un attachement.
«Je pense que les valeurs qui sont partagées par les citoyens de Laurier—Sainte-Marie me rejoignent également», a-t-elle avancé.
Du côté du Nouveau Parti démocratique (NPD), l’épidémiologiste Nimâ Machouf se porte une nouvelle fois candidate après une cérémonie d’investiture en juillet dernier.
Il s’agira de la quatrième campagne de Mme Machouf dans Laurier—Sainte-Marie, alors qu’elle a déjà tenté de se faire élire en 2019, 2021 et 2025, perdant à chaque fois face à M. Guilbeault.
Lors des dernières élections en 2025, l’ancien ministre libéral l’avait emporté avec 52,1 % des voix, devant Mme Machouf (18,8 %) et le candidat bloquiste Emmanuel Lapierre (15,4 %). Le conservateur Mathieu Fournier avait obtenu 9,2% des votes.
Une question de valeurs
Pour M. Blanchet, la candidature de Mme Arkin vient remettre sur le devant de la scène l’importance du respect des droits de la personne, des valeurs que le gouvernement libéral néglige, selon lui.
Il a notamment fait référence au voyage en Turquie du premier ministre Mark Carney au cours des derniers jours pour diversifier les relations commerciales du Canada et réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.
Ce voyage n’a cependant pas fait l’unanimité alors que la Turquie fait l’objet d’une attention internationale en raison de sa répression des droits des personnes LGBTQ+.
M. Carney a soutenu que «le dialogue ne signifie pas l’approbation» lorsqu’il s’agit de faire affaire avec des pays qui ne partagent pas les valeurs du Canada.
«Tu n’arrives pas avec plein de projets de développement en dessous du bras, comme si la Turquie allait remplacer les États-Unis, ou comme si l’Arabie saoudite allait remplacer les États-Unis comme principal acheteur de ce qui se produit au Québec et au Canada», a avancé le chef du Bloc.
«Je crois qu’il faut se ressaisir en matière de valeurs», a-t-il ajouté.
Deux autres batailles
La circonscription de Laurier—Sainte-Marie n’est pas la seule à se retrouver bientôt en élections partielles au Québec, même si elles n’ont pas non plus été déclenchées.
Une autre est également prévue dans Rosemont—La Petite-Patrie afin de remplacer l’ancien député néo-démocrate Alexandre Boulerice, qui siège désormais à l’Assemblée nationale sous la bannière de Québec solidaire.
Les couleurs du Bloc québécois dans ce comté seront portées par Alexandre Curzi, directeur général de l’Union des artistes (UDA). Il se retrouvera aussi face au candidat libéral Jean-Sébastien Vallée, un militant pour les droits de la personne qui s’était déjà présenté lors des élections générales de 2025.
Le NPD tentera pour sa part de conserver sa seule circonscription québécoise avec Pierre Céré, qui a longtemps été coordonnateur du Comité Chômage de Montréal.
Une autre bataille aura également lieu dans Saint-Hyacinthe—Bagot—Acton, qui est laissée vacante depuis que l’ancien bloquiste Simon-Pierre Savard-Tremblay a décidé de passer en politique provinciale avec le Parti québécois.
Les libéraux ont annoncé plus tôt cette semaine que l’ex-députée caquiste Chantal Soucy portera leurs couleurs. Fait particulier, Mme Soucy, qui a représenté cette circonscription à l’Assemblée nationale depuis 2014, n’avait pas sollicité de nouveau mandat, préférant tenter sa chance au fédéral.
Pour sa part, le Bloc québécois mise sur l’ex-diplomate Caroline Emond pour reprendre sa circonscription. Le Parti conservateur sera représenté par Luc Brodeur-Jourdain, un ancien joueur et ancien entraîneur des Alouettes de Montréal.
M. Blanchet estime que la campagne électorale va porter sur plusieurs sujets, dont les droits de douane et le commerce, l’environnement, la loi C-39, mais aussi la culture et l’agriculture avec la question de la gestion de l’offre.
Il reconnaît que cela risque d’être des courses serrées dans ces trois comtés.
«On va aller chercher le vote et le soutien et l’approbation des électeurs un à un en s’assurant qu’ils se reconnaissent bien davantage dans le Bloc québécois et ses valeurs que dans n’importe quelle autre formation politique», a-t-il assuré.
Le gouvernement fédéral de Mark Carney devra annoncer la tenue de six élections partielles au total, soit trois au Québec, deux en Ontario (Brantford–Brant-Sud et Scarborough-Nord) et une autre en Saskatchewan (Yorkton–Melville).
Avec des informations de Craig Lord pour La Presse Canadienne

