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Élection partielle dans Arthabaska: PSPP soupçonne Duhaime d’avoir enfreint la loi

Le chef du parti conservateur affirme n’avoir rien à se reprocher.

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Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, lors de la période des questions du 12 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, lors de la période des questions du 12 mai 2026. (Jacques Boissinot)

Le Parti québécois (PQ) soupçonne le Parti conservateur du Québec (PCQ) d’avoir enfreint les règles lors de l’élection partielle qui s’est tenue dans la circonscription d’Arthabaska l’été dernier.

En mêlée de presse à Québec vendredi, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, est revenu sur les informations d’abord publiées dans les pages du Journal de Québec.

Il a déclaré soupçonner le chef conservateur et candidat dans Arthabaska, Éric Duhaime, d’avoir largement sous-estimé ses dépenses électorales.

Selon lui, M. Duhaime aurait bénéficié d’un escompte sur les livres qu’il a distribués gratuitement aux électeurs, puis sur le logement qu’il a loué durant la campagne. 

Or, la loi électorale prévoit que nul ne peut «réclamer ou recevoir un prix différent du prix courant» pour des biens ou des services fournis à un candidat.

M. St-Pierre Plamondon a confirmé que son parti avait déposé une plainte auprès d’Élections Québec.

«La règle, c’est que chaque parti fait campagne avec le même budget. S’il y a un parti qui ne déclare pas tout, et qui dépense plus que ce qui est permis, (...) notre système électoral ne fonctionnera pas», a-t-il déclaré.

De son côté, M. Duhaime affirme n’avoir rien à se reprocher. Il a accusé M. St-Pierre Plamondon en mêlée de presse vendredi de mener une «campagne de salissage».

«Il veut descendre dans les égouts puis faire de la politique de cette nature-là? Je trouve ça extraordinairement décevant de Paul St-Pierre Plamondon», a-t-il déclaré.

«Ce n’est pas à la hauteur de la fonction d’un gars qui aspire à être premier ministre», a-t-il ajouté.  

M. Duhaime se défend en affirmant avoir sollicité l’avis du Directeur général des élections (DGE) avant de faire l’achat de livres, en l’occurrence sa propre biographie «Envers et pour tous». 

«On l’a fait en suivant les normes du DGE», assure-t-il.

Puis, il explique ne pas avoir payé le plein prix d’un logement affiché en ligne, parce qu’«on n’a pas loué l’entièreté de l’immeuble (...) et la personne qui le louait a même continué d’habiter dans le logement».

«Donc, le coût n’était pas le même. Ça explique l’écart des coûts.»

Rappelons que le 11 août dernier, c’est le candidat péquiste Alex Boissonneault qui a remporté l’élection partielle dans Arthabaska après une rude campagne contre son plus proche adversaire Éric Duhaime.

Ce dernier n’avait ménagé aucun effort, menant une campagne active sur le terrain, dans l’espoir de ravir la circonscription à la Coalition avenir Québec (CAQ) et de faire son entrée à l’Assemblée nationale.

«Si les faits sont avérés, effectivement, c’est problématique, mais on va attendre de voir ce que l’enquête va dire», a réagi vendredi le chef libéral Charles Milliard.

La cheffe parlementaire de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a également affirmé avoir pris connaissance de la plainte du PQ contre le PCQ.

«Si c’est vrai, je trouve ça extrêmement, extrêmement préoccupant. M. Duhaime doit faire preuve de la plus grande transparence. Il en va de la confiance de la population envers la classe politique», a-t-elle averti.

De passage à Drummondville, la première ministre Christine Fréchette est quant à elle restée prudente: «Je vais laisser le DGE faire le point, le constat de la situation. Je n’ai pas davantage de commentaires.»

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste