Préoccupée, la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, se tourne vers la vérificatrice générale afin de faire la lumière sur de présumés déséquilibres dans les investissements en infrastructures scolaires.
«Je suis très inquiète de cette situation-là. On n’est plus à l’époque de Duplessis et où on fait: “Tu me donnes un vote, je te donne une école”», a dénoncé Mme Ghazal mardi en point de presse.
Cette demande survient à la suite d’un rapport Le bon parti, les belles écoles, présenté par le porte-parole solidaire en matière d’éducation Gabriel Nadeau-Dubois. On accuse la Coalition avenir Québec (CAQ) d’avoir priorisé ses propres comtés lorsqu’est venu le temps d’investir en infrastructures.
Selon les données du rapport, la CAQ, qui détenait environ 64% des sièges à l’Assemblée nationale du Québec, a vu ses circonscriptions obtenir 72% des projets et 75% des investissements totaux en infrastructures scolaires depuis 2018.
Québec solidaire souligne que de gros montants ont été attribués aux infrastructures scolaires des circonscriptions caquistes alors que ces territoires sont ceux où les écoles sont, en moyenne, les moins vétustes (17%), les plus récentes (55 ans en moyenne) et les plus favorisées (rang moyen de 5,2) du Québec.
Mme Ghazal dit avoir envoyé une lettre la vérificatrice générale, lui demandant de faire la lumière sur la situation une bonne fois pour toutes. Aux yeux de la co-porte-parole solidaire, «les parents ont le droit de savoir».
«Tous les enfants ont le droit d’avoir de belles écoles, peu importe la circonscription dans laquelle ils se trouvent», a-t-elle conclu.
Inquiétudes à la CSQ
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a réagi au rapport de Québec solidaire et s’est dite inquiète des conclusions, dont celle suggérant du favoritisme politique dans l’attribution des investissements en infrastructures dans le réseau de l’éducation.
«Pour la CSQ, il est évident que le principe d’équité doit primer en ce qui concerne les dépenses gouvernementales. Ce sont les besoins des élèves et des communautés qui doivent l’emporter, et pas la partisanerie», a réagi le président de la CSQ, Éric Gingras.
La CSQ avance que malgré le financement accordé dans les dernières années, 53 % des écoles du Québec sont en mauvais état et que le déficit de maintien des actifs du réseau scolaire s’élève à 9,8 milliards de dollars.
«Il est absolument nécessaire d’injecter des sommes additionnelles», a réitéré Éric Gingras.
La CSQ exige depuis un bon moment que le gouvernement du Québec s’allie à différents partenaires afin de mettre en place une grande réflexion collective sur l’avenir de l’éducation au Québec.
«Ça inclut des investissements en infrastructures. Parce que tous les élèves du Québec et l’ensemble du personnel du réseau méritent d’avoir accès à des établissements adéquats, adaptés et agréables. C’est vraiment la base», a-t-il partagé.
