Politique

«Deux poids, deux mesures» d'Ottawa à l'encontre d'Israël, selon un groupe juif

Il réagissait à une déclaration commune du Canada et de pays européens tirant la sonnette d’alarme concernant les 9000 Palestiniens détenus par Israël.

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Des soldats israéliens arrêtent un Palestinien aux yeux bandés lors d'une opération militaire à Naplouse, en Cisjordanie, le 8 avril 2025. Photo AP Des soldats israéliens arrêtent un Palestinien aux yeux bandés lors d'une opération militaire à Naplouse, en Cisjordanie, le 8 avril 2025. Photo AP (Majdi Mohammed)

Un important groupe de pression juif accuse le gouvernement Carney d’appliquer une approche de «deux poids, deux mesures» en condamnant les détentions massives de Palestiniens par Israël, mais pas la répression exercée par des dictatures brutales.

Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes affirme que l’opposition du premier ministre Mark Carney au fait de «donner de loin des leçons» aux autres pays en matière de droits de la personne semble s’appliquer à l’Arabie saoudite et à la Turquie, mais pas à Israël.

Le groupe réagissait à une déclaration commune du Canada et de pays européens tirant la sonnette d’alarme concernant les 9000 Palestiniens détenus par Israël, souvent sans procès.

Plus tôt ce mois-ci, le premier ministre Mark Carney a déclaré que le rétablissement des relations avec l’Arabie saoudite et la Turquie impliquait d’aborder les questions relatives aux droits de la personne en privé, plutôt que de «donner des leçons à des pays à distance». L’Arabie saoudite et la Turquie ont toutes deux un passé de répression violente des minorités et des journalistes.

«Moins de deux semaines plus tard, Affaires mondiales Canada donne publiquement des leçons à Israël au sujet de la détention de personnes responsables d’actes terroristes», a écrit le groupe de pression juif.

Il a avancé que le ministère ignorait les propos de M. Carney ou qu’il faisait «un autre exemple de politique de deux poids, deux mesures à l’égard d’Israël».

Dans un communiqué publié lundi, le Canada s’est joint à l’Union européenne et à des pays comme le Royaume-Uni et la France pour exprimer son inquiétude quant au sort du Dr Hussam Abou Safiya, médecin palestinien de renom, dont l’avocat affirme qu’il est dans un état critique après 18 mois de détention par Israël.

Les autorités israéliennes affirment que le Dr Abou Safiya a des liens avec le terrorisme, mais il n’a pas été mis en accusation.

Le communiqué conjoint exhorte Israël à respecter sa propre décision de la Cour suprême et à cesser d’empêcher la Croix-Rouge d’accéder aux détenus palestiniens.

«Les organisations de défense des droits de la personne décrivent les conditions de détention des Palestiniens comme étant graves et mettant leur vie en danger, citant une alimentation insuffisante, le refus de soins médicaux et de mauvais traitements systématiques», indique le communiqué.

Israël rejette les allégations de maltraitance systématique des prisonniers provenant de territoires palestiniens occupés, malgré les informations provenant d’organisations de défense des droits de la personne indiquant que ces derniers sont victimes d’abus et d’agressions sexuelles.

Dylan Robertson

Dylan Robertson

Journaliste