Des milliers de migrants haïtiens et syriens vivant aux États-Unis ont perdu leur statut temporaire lundi. Ils craignent désormais d’être déportés et cette situation pourrait avoir un impact sur le taux de demande d’immigration de notre côté de la frontière.
La fin des statuts TPS (Temporary Protected Status) faisait partie des promesses du président Donald Trump de «déporter toutes les personnes qui, selon lui, sont illégalement aux États-Unis», indique Me Carl Alphonse, avocat en immigration Canada – États-Unis chez Alphonse Latham LLP.
Ces décisions touchent des familles établies depuis plusieurs années qui vivent et travaillent légalement aux États-Unis. Certains se sont d’ailleurs installés en 2010 sous la présidence de Barack Obama, après le séisme qui a fait plus de 280 000 morts.
Mais aujourd’hui, le département de la Sécurité intérieure affirme que les conditions se sont améliorées en Haïti.
Or, selon le cabinet de conseil en immigration Letendre, basé à Sherbrooke, les gangs armés contrôlent désormais près de 90 % de la capitale Port-au-Prince et l’ONU comptabilise près de 1,5 million de déplacés internes fuyant la criminalité à Haïti.
«On parle de guerre civile parce que les gangs qui sont là sont des mercenaires. Donc Haïti est condamné», souligne d’ailleurs Frantz André, coordonnateur et porte-parole du Comité d’action des personnes sans statut
Pour de nombreux membres de la communauté haïtienne américaine, la déception est immense et les organismes de défense des immigrants dénoncent une décision qui pourrait entraîner des conséquences humaines et économiques importantes alors qu’une grande partie des 350 000 Haïtiens installés aux États-Unis occupent des emplois essentiels.
Plusieurs d’entre eux risquent d’essayer d’entrer au Canada dans les prochaines semaines, prévient M. André.
«Les gens qui arrivent à nos frontières, ce sont les futurs anges gardiens qui ne viendront peut-être pas sauver des vies physiquement, mais qui vont sauver l’économie», dit-il.
Me Alphonse indique d’ailleurs qu’il a déjà un gros volume de clients qui tentent d’obtenir un statut d’immigrant au Canada. Il prévient toutefois que le travail risque d’être compliqué.
«Depuis le 26 mars 2026, le Canada a changé ses lois d’immigration et maintenant c’est vraiment plus strict», dit-il, ajoutant qu’il a presque 400 déportations par semaine au pays actuellement.
M. André confirme d’ailleurs que la grande majorité des migrants qui se présentent à la frontière sont retournés aux États-Unis.
Noovo Info a contacté l’Agence frontalière du Canada et la Sûreté du Québec, qui indiquent être au courant de la situation, mais qu’ils ne répondront pas aux questions présentement.
Voyez le reportage de Lila Mouch dans la vidéo.

