La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, insiste sur le fait que le prochain référendum dans sa province — dont la question porte sur la possibilité d’une séparation du Canada — ne l’empêchera pas de convaincre les investisseurs lors du prochain sommet organisé par le premier ministre.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Le premier Sommet de l’investissement canadien de Mark Carney, d’une durée de deux jours, est présenté comme un moyen d’attirer 1000 milliards de dollars d’investissements au cours des cinq prochaines années pour des projets d’envergure, et le Cabinet du premier ministre (CPM) a invité des dizaines de banques d’investissement, de fonds d’État et de grands fonds de retraite à l’événement pour y parvenir.
Le Cabinet du PM dit qu’il présentera plus de 160 occasions d’investissement lors du sommet, parmi lesquelles figurent certains des projets les plus coûteux, comme l’agrandissement du port de Churchill, un projet d’éolien en mer en Nouvelle-Écosse et le projet d’oléoduc de la côte Ouest, qui transporterait du pétrole de l’Alberta jusqu’à la côte Ouest.
L’Alberta, quant à elle, s’apprête à tenir un référendum en octobre pour demander aux Albertains s’ils veulent rester au sein du Canada, ou si la province devrait «entamer le processus juridique requis en vertu de la Constitution canadienne pour tenir un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l’Alberta devrait ou non se séparer du Canada».
Dans une entrevue diffusée dimanche dans l’émission CTV Question Period, l’animatrice Vassy Kapelos a demandé à Mme Smith si le fait d’avoir autorisé la tenue d’un référendum sur la séparation avait nui à sa capacité de présenter l’Alberta comme un environnement stable pour les investissements.
«Je ne pense pas», a répondu Mme Smith, citant l’annonce récente de Meta, qui prévoit construire un centre de données de 13 milliards de dollars en Alberta, comme exemple d’un investissement récent dans la province.
«Je pense que les investisseurs recherchent plein de choses», a aussi ajouté Mme Smith.
«Ils recherchent des impôts sur les bénéfices peu élevés. Ils recherchent un environnement où les gens et les travailleurs auront envie de vivre. Ils recherchent une main-d’œuvre bien formée. On a tout ça.»
— Danielle Smith, première ministre de l'Alberta
La première ministre a ajouté: «Cette proposition de valeur ne change pas.»
Mme Kapelos a ensuite insisté pour savoir si elle porterait une part de responsabilité si le vote d’octobre ne tournait pas en faveur des fédéralistes, et si elle pourrait attirer encore plus d’investissements lors du sommet de cette semaine si le référendum n’était pas à l’horizon.
En réponse, Mme Smith a soutenu que les «terribles politiques fédérales» passées avaient fait fuir les investissements, ce qui avait contribué au mécontentement des Albertains envers le Canada.
«Je pense qu’ils craignaient qu’on assiste à une répétition de ça au cours de la prochaine décennie», a dit Mme Smith. «Heureusement, j’ai pu travailler avec le premier ministre pour abroger la plupart de ces lois terribles et pour montrer que les gouvernements fédéral et provincial peuvent collaborer.»
Elle a elle-même répété à plusieurs reprises qu’elle était pour que l’Alberta reste au sein du Canada.
Lorsqu’on lui a demandé une nouvelle fois si elle pensait pouvoir présenter l’Alberta comme un endroit stable où investir, elle a répondu, en faisant référence au référendum: «Je pense que l’une des choses que les gens aiment au Canada, c’est qu’on a une démocratie, et il n’y a rien de plus démocratique que la démocratie directe.»
La première ministre de l’Alberta milite en faveur d’un nouvel oléoduc sur la côte ouest pour aider à acheminer le pétrole brut vers les marchés asiatiques. L’Alberta et le gouvernement fédéral, qui seraient les actionnaires majoritaires, s’associent actuellement à Trans Mountain Corporation et à Pembina Pipeline Corporation, basée à Calgary, pour développer le projet, dont le début des travaux est prévu d’ici 2027.
Avec des informations de Stephanie Ha et de Judy Trinh pour CTV News.

