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Construction de sous-marins: la Corée du Sud propose de fabriquer des camions à hydrogène au Canada

Le «Projet Beaver» utilisera la technologie développée par Hyundai Motors et la transposera au Canada.

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Kang Hoon-sik, à gauche, chef de cabinet du président sud-coréen, s'adresse aux employés lors de sa visite chez Martinrea International, à Woodbridge, en Ontario, le lundi 1er juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Nathan Denette Kang Hoon-sik, à gauche, chef de cabinet du président sud-coréen, s'adresse aux employés lors de sa visite chez Martinrea International, à Woodbridge, en Ontario, le lundi 1er juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Nathan Denette

L’arme secrète de la Corée du Sud pour remporter le contrat lucratif de construction de sous-marins porte le nom de code Projet Beaver.

Confrontés à des conditions de marché qui les ont empêchés d’implanter une usine de véhicules électriques au Canada, les Sud-Coréens ont élaboré un plan visant à fabriquer des camions de transport de marchandises longue distance à hydrogène et à construire des dizaines de stations de recharge au Canada, à partir de 2030. La proposition a été soumise dans le cadre de l’offre de Hanwha pour les sous-marins, et les détails ont été gardés secrets jusqu’à présent.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Le Projet Beaver utilisera la technologie développée par Hyundai Motors et la transposera au Canada.

Les détails de ce projet, nommé d’après le rongeur industrieux qui habite les cours d’eau du Canada, ont été révélés à CTV News lors d’une entrevue exclusive avec Kang Hoon-sik, chef de cabinet du président sud-coréen Lee Jae Myung.

«Ce sera une marque coréenne dont la fabrication intégrera des pièces canadiennes – avec des matières premières provenant du Canada», a-t-il dit par l’intermédiaire d’un interprète lors d’une entrevue de 45 minutes avec CTV News.

«Une fois que nous aurons remporté l’appel d’offres pour le contrat de sous-marins, Hyundai Motors aidera le Canada à bâtir son écosystème autour de l’hydrogène», a ajouté M. Kang.

Première phase en 2030

M. Kang, qui occupe également le poste d’envoyé spécial pour les partenariats stratégiques, a indiqué que Séoul investirait plus de 3,1 milliards de dollars au Canada pour développer une nouvelle industrie de camions de transport à hydrogène et créer 9 000 emplois. Cet investissement dépend de l’obtention par la Corée du Sud du contrat visant à fournir à la Marine royale canadienne 12 sous-marins diesel-électriques.

Hyundai Motors, qui possède une division de défense, s’associe à Hanwha pour cette soumission. Les Sud-Coréens sont en concurrence avec le constructeur naval allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) dans une bataille acharnée pour un contrat qui pourrait représenter plus de 100 milliards de dollars sur la durée de vie des sous-marins.

Des employés de Honda travaillent sur la chaîne de montage des véhicules avant un événement annonçant le projet de construction d'une usine de batteries pour véhicules électriques Honda à Alliston, en Ontario, le jeudi 25 avril 2024. LA PRESSE CANADIENNE Des employés de Honda travaillent sur la chaîne de montage des véhicules avant un événement annonçant le projet de construction d'une usine de batteries pour véhicules électriques Honda à Alliston, en Ontario, le jeudi 25 avril 2024. LA PRESSE CANADIENNE (Nathan Denette)

Selon les grandes lignes consultées par CTV News, la première phase devrait débuter en 2030 et impliquerait la construction d’une usine de liquéfaction d’hydrogène en Colombie-Britannique, qui transformerait le gaz en liquide. Trente-deux stations de recharge seraient construites en Colombie-Britannique et en Alberta, tandis qu’une usine de fabrication de véhicules de transport à hydrogène serait probablement construite en Ontario.

Après 2035, 160 stations de recharge supplémentaires seraient ajoutées. Il est également possible que le Canada aide la Corée du Sud à fabriquer ses trains à hydrogène, actuellement en phase d’essai, en vue d’une future exportation.

Pourquoi pas une usine de véhicules électriques coréenne?

Le gouvernement fédéral a clairement exprimé son désir de diversifier et de renforcer la résilience de l’industrie automobile canadienne, compte tenu de l’impact des droits de douane américains. Le Canada produit 30% de voitures en moins qu’avant que le président américain Donald Trump ne lance sa guerre commerciale.

En janvier, la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, et le ministre sud-coréen du Commerce, Jung-Kwan Kim, ont signé un protocole d’entente avec l’«intention de coopérer pour renforcer la présence de l’industrie automobile coréenne au Canada».

M. Kang affirme que la Corée du Sud considère les véhicules à hydrogène comme un «moteur de croissance» et a même construit une station de recharge à hydrogène sur le terrain de son Assemblée nationale pour démontrer son engagement envers le développement de cette technologie propre.

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CTV News a demandé à M. Kang pourquoi Hyundai ne pouvait pas être persuadé de construire des véhicules électriques destinés aux consommateurs plutôt que des camions de transport de marchandises à hydrogène. Les constructeurs automobiles sud-coréens représentent 12% des ventes de véhicules au Canada, et Hyundai exploitait auparavant une usine d’assemblage à Bromont, au Québec, avant de la fermer en 1993.

M. Kang a invoqué les pressions américaines et l’accès de la Chine aux marchés canadiens.

«Lors de la visite du premier ministre Carney en Chine, il s’est engagé auprès de la partie chinoise à importer un certain nombre de véhicules électriques de Chine», a expliqué M. Kang, ajoutant qu’il est difficile pour la Corée du Sud de rivaliser avec la Chine «qui a pris les devants» en matière de véhicules électriques.

L’envoyé spécial a également mentionné que les constructeurs automobiles sud-coréens faisaient face aux mêmes pressions que Stellantis. En octobre dernier, Stellantis a annoncé qu’elle délocalisait la production de son modèle Jeep de Brampton, en Ontario, vers l’Illinois.

«Les États-Unis ont dit (à Stellantis) qu’il serait plus avantageux pour eux de s’installer aux États-Unis… nos entreprises subissent des pressions similaires», a-t-il précisé.

Diversification de l’industrie automobile

La proposition de fabriquer des camions de transport à hydrogène s’ajoute à un accord signé par Hanwha et l’Association des fabricants de pièces automobiles pour construire des véhicules d’artillerie blindés au Canada.

Au cours de son entrevue, M. Kang a également souligné qu’une analyse indépendante réalisée par KPMG sur les soumissions de Hanwha pour la construction de sous-marins montre que cela créera 430 000 emplois et apportera 93,6 milliards de dollars à l’économie canadienne de 2026 à 2044.

De l'hydrogène est chargé dans un camion à l'usine d'hydrogène vert liquide de Plug Power Inc. à Woodbine, en Géorgie (États-Unis), le mardi 2 juillet 2024. De l'hydrogène est chargé dans un camion à l'usine d'hydrogène vert liquide de Plug Power Inc. à Woodbine, en Géorgie (États-Unis), le mardi 2 juillet 2024. (Agnes Lopez/Bloomberg)

Selon l’envoyé spécial sud-coréen, Hanwha avait signé 75 protocoles d’entente avec des entreprises canadiennes pour aider à renforcer la base industrielle de défense du Canada. Il a ajouté que la Corée du Sud s’engageait également à importer 3,4 millions de tonnes de GNL par an, soit plus de cinq fois le volume actuel, et à accroître ses investissements dans LNG Canada. La Corée du Sud est le troisième marché en importance du Canada pour le pétrole brut, et ce pays asiatique affirme qu’il achètera également pour 9 milliards de dollars de minéraux critiques.

La semaine dernière, le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a confirmé que l’offre de TKMS apporterait au Canada un coup de pouce économique de 86 milliards de dollars et créerait plus de 650 000 années-emploi. Le constructeur naval allemand n’a pas fourni à CTV News le détail de ses calculs.

Le gouvernement devra peser tous les facteurs économiques avant que le premier ministre n’annonce le gagnant du contrat de sous-marins d’ici la fin juin.