Politique

Conférence controversée: Alex Boissonneault déplore l'«intimidation idéologique»

Le groupe «Féministes en mouvement de l’Université Laval» accuse les panélistes de tenir un discours «traditionaliste», «discriminatoire», «voire haineux».

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Alex Boissonneault, député du Parti québécois, répond aux questions des journalistes à l'Assemblée nationale, à Québec, le mercredi 11 février 2026. Alex Boissonneault, député du Parti québécois, répond aux questions des journalistes à l'Assemblée nationale, à Québec, le mercredi 11 février 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Le député péquiste Alex Boissonneault déplore une campagne «d’intimidation idéologique» de la part d’une organisation féministe qui réclame l’annulation d’une conférence sur l’avenir de la nation québécoise à l’Université Laval à laquelle il doit participer.

Le groupe «Féministes en mouvement de l’Université Laval» (FEMUL) accuse les panélistes de tenir un discours «traditionaliste», «discriminatoire», «voire haineux».

«Je déplore qu’il y ait des gens, souvent associés, on va le dire, à une certaine frange de la gauche, souvent associée aussi à Québec solidaire – même des porte-paroles ont relayé le message – qui intimident comme ça pour confisquer le débat», a affirmé Alex Boissonneault en point de presse jeudi à l’Assemblée nationale.

Le député péquiste fait référence à la porte-parole solidaire dans Montmorency, Annie-Pierre Bélanger, qui a dit saluer l’initiative du groupe féministe.

«Si j’étais étudiante, j’irais “trasher” la conférence avec une gang de militant-e-s. J’organiserais une action directe comme j’en ai organisé jadis par le passé», a-t-elle écrit sur Facebook mardi.

L’événement, organisé par le comité du Parti québécois de l’Université Laval, doit se tenir le 26 mars.

En plus du député péquiste, les autres panélistes de la conférence sont l’animateur du média indépendant spécialisé en géopolitique «7 Jours sur Terre», Benjamin Tremblay, et l’ancien rédacteur de discours du premier ministre François Legault, Étienne-Alexandre Beauregard.

«Évidemment je me retrouve avec des panélistes avec qui je ne m’entends pas sur tout, au contraire. Je me retrouve avec un panéliste qui a écrit les discours de François Legault, et un autre qui a tenu des propos très très durs envers mon chef, mais ça va me faire plaisir de discuter», a ajouté Alex Boissonneault.

Par courriel, le porte-parole de l’Université Laval, Simon La Terreur, a indiqué qu’une «association étudiante a le droit de tenir des activités si elles respectent les règles de l’Université qui veille à ce que toute activité se déroule dans un environnement sécuritaire pour l’ensemble des participantes et participants».

Pour sa part, le comité du Parti québécois de l’Université Laval affirme qu’il «travaille activement au bon déroulement de l’événement».

«La liberté académique et la liberté d’expression sont des valeurs essentielles pour un débat sain dans notre société. Nous ne cautionnons pas un tel discours basé sur la désinformation et la volonté d’annulation par association», a indiqué son président, Jaider Cabarcas, dans une déclaration écrite transmise à La Presse Canadienne.

Dans une déclaration écrite, le Regroupement des étudiantes et étudiants en sociologie de l’Université Laval (RÉSUL) – qui appuie le FEMUL dans sa démarche – affirme qu’il ne s’agit pas d’«une demande officielle de censure adressée à l’université», mais d’un «appel à l’action à la communauté étudiante et à la société québécoise».

«Nous sommes conscient·es qu’un appel à l’annulation est une démarche imparfaite. Cependant, nous l’assumons pleinement. Notre intention n’est pas d’imposer un silence, mais de forcer une conversation nécessaire sur la place publique et d’obliger les instances universitaires à se positionner face à la montée des idées de droite menant au recul des droits fondamentaux pour les femmes, les personnes trans ainsi que pour les personnes immigrantes et racisées», peut-on y lire.

En plus du RÉSUL et du FEMUL, cette déclaration est aussi signée par l’Association des étudiant·es en sciences sociales de l’Université Laval (AÉSS-UL) et l’Association des étudiantes et étudiants en anthropologie de l’Université Laval (AÉÉA-UL).

Thomas Laberge

Thomas Laberge

Journaliste