Politique

GND, le clap de fin

Rencontré par Noovo Info à l’ombre des arbres du parc Molson à Montréal, Gabriel Nadeau-Dubois confie avoir eu de la difficulté avec certaines critiques à son égard et des problèmes internes chez QS.

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GND, le clap de fin Grande entrevue: Gabriel Nadeau-Dubois se confie à Marie-Christine Bergeron à l'occasion de son départ de la vie politique.

Gabriel Nadeau-Dubois tourne la page sur le chapitre long de 10 ans qu’a été son passage en politique. L’ancien porte-parole de Québec solidaire (QS) vient officiellement de quitter l’Assemblée nationale du Québec pour se consacrer à d’autres projets.

À 36 ans, le père de deux jeunes filles assure n’avoir aucun plan précis pour la suite de sa carrière professionnelle, mais prendra l’été pour fixer ses idées.

«C’est un cycle qui se termine», constate «GND». «La semaine dernière a été pleine d’émotions [...] Mais je suis serein. Je ne regrette pas la décision que j’ai prise il y a un peu plus d’un an.»

La décennie qu’il vient de traverser chez QS n’a pas été de tout repos. S’il part la tête haute, M. Nadeau-Dubois avoue qu’il aurait souhaité que la fin de son parcours comme politicien se conclût un peu différemment.

«J’aurais voulu accomplir davantage, j’aurais voulu amener ma famille politique plus loin», admet le trentenaire. «Je suis aussi fier de ce travail que j’ai fait pendant 10 ans. Surtout, ce qui m’apaise, ce qui me rassure, c’est que je sais que j’ai tout donné. Ça me réconcilie un peu avec cette fin de parcours qui n’est pas celle que j’avais imaginée.»

Des heurts et des fiertés

Rencontré à l’ombre des arbres du parc Molson à Montréal, Gabriel Nadeau-Dubois confie avoir eu de la difficulté avec certaines critiques à son égard et des problèmes internes chez QS.

«Quand on s’engage en politique, on sait que l’on va débattre avec des gens en face de soi qui ont une vision différente du Québec», relate celui qui a régulièrement talonné l’ex-premier ministre François Legault au Salon bleu. «C’est ce que l’on souhaite.»

«Se retrouver dans une situation où la majorité de notre temps, c’est de réparer des pots cassés ou de se déprendre de conflits avec les gens avec qui on pensait être en accord, c’est beaucoup plus énergivore et oui, ça fait plus mal.»

—  Gabriel Nadeau-Dubois

L’ex-leader de la grève étudiante de 2012 souligne du même souffle avoir été heurté par des reproches personnels à son endroit alors qu’il était député.

«Je pense que ce qui m’a le plus blessé, c’est qu’il m’est arrivé d’entendre des gens qui disaient que je faisais ça pour moi. Que je faisais ça pour ma carrière [...] Que je n’étais qu’intéressé par ma gloire personnelle», lance-t-il. «Ceux qui me connaissent savent qu’il n’y a rien de plus faux. Je me suis toujours engagé pour des idées pour une famille politique, pour un parti.»

Malgré les défis qu’il a rencontrés lors des 10 dernières années, Gabriel Nadeau-Dubois demeure enchanté par l’intérêt qu’il a pu susciter chez de nombreux citoyens, notamment les plus jeunes.

«Dans la rue, ça m’arrive encore chaque semaine on me dit: “Gabriel, aujourd’hui on est impliqué dans notre milieu de travail, on est enseignant(e), on est conseiller municipal, on milite dans notre quartier et c’est parce qu’on t’a vu aller soit en 2012 soit après chez QS», avance-t-il. «Que les gens me témoignent que j’ai eu un impact dans leur vie [...] ça me touche».

Une coupe Stanley à Montréal avant un retour en politique

Pour Gabriel Nadeau-Dubois, un retour en politique au cours des cinq prochaines années est impossible, lui qui prédit un championnat à Montréal avant même de penser à un retour en politique.

«Je prévois une Coupe Stanley dans les quatre ou cinq prochaines années à Montréal [...] Je suis absolument certain que je ne serai pas de retour en politique dans quatre ou cinq ans», avance en riant l’amateur de hockey.

Le seul projet à l’horaire au cours des prochaines semaines sera d’aller faire du camping en famille et d’aller observer les baleines à Tadoussac. Cette période en sera aussi une de réflexion pour clarifier ses idées pour son avenir professionnel.

«Je veux prendre l’été pour y penser. Je sais ce que je veux faire, je ne sais pas où je vais le faire [...] Quand on est dans l’opposition, on parle beaucoup on critique [...] J’ai envie de parler un peu moins et d’agir. Les combats qui sont les miens ne seront pas abandonnés, ils feront partie de moi toute ma vie».»

Une certitude demeure pour Gabriel Nadeau-Dubois. «Je n’aurais pas été heureux si j’étais resté. Faire de la politique malheureux, faire de la politique amer, ce n’est pas une bonne idée.»

Offre d’emploi - On postule ou on passe?

Gabriel Nadeau-Dubois s’est prêté au jeu de Noovo Info qui lui a proposé des offres d’emploi. Voici ses réponses.

Président d’Hydro-Québec: «Je passe»

Chargé de cours à l’UQAM: «Je passe [...] peut-être une année, mais je veux être sur le terrain.»

Directeur d’un organisme communautaire: «Je pourrais peut-être appliquer.»

Animateur de baladodiffusion: «Je pourrais appliquer, à temps partiel.»

Chroniqueur politique: «Oui, mais à temps partiel.»