Le premier ministre du Québec, François Legault, a dit être optimiste à l’égard de la conclusion par la province d’un accord énergétique «gagnant-gagnant» avec Terre-Neuve-et-Labrador lorsqu’il a annoncé sa démission mercredi.
M. Legault a déclaré qu’il quittera son poste lorsque son parti, Coalition avenir Québec, aura choisi son remplaçant, déclenchant ainsi une course à la direction à quelques mois des élections provinciales. M. Legault a soutenu que l’accord provisoire conclu entre les services publics d’électricité des deux provinces était déjà une victoire pour les deux gouvernements.
«Malheureusement, il y a eu une élection (à Terre-Neuve-et-Labrador) au cours des derniers mois. Le nouveau gouvernement de Terre-Neuve a jugé, dans le fond, que l’entente était trop avantageuse pour le Québec», a reconnu M. Legault.
«Mais je suis confiant qu’au cours des prochains mois, on va trouver une entente “gagnant-gagnant”, parce que c’est important le Québec, c’est important pour Terre-Neuve, de profiter de cette immense possibilité.»
Tony Wakeham, le nouveau premier ministre progressiste-conservateur de Terre-Neuve-et-Labrador, a affirmé que la démission de M. Legault n’avait aucune incidence sur l’avenir de l’accord.
«De mon point de vue, ça ne change pas qui dirige la province de Québec ou qui sera assis en face de moi à la table des négociations», a dit M. Wakeham dans une déclaration écrite dans laquelle il remercie M. Legault pour son leadership.
M. Wakeham a soutenu qu’il se concentrait à faire en sorte que les habitants de Terre-Neuve-et-Labrador tirent le meilleur parti des ressources de la province.
Le projet d’accord a été dévoilé en 2024, sous l’égide de M. Legault et de l’ancien premier ministre libéral de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, qui a démissionné l’année dernière.
Si l’accord est finalisé, Hydro-Québec devra payer beaucoup plus cher l’électricité produite par la centrale hydroélectrique de Churchill Falls, au Labrador.
En vertu du contrat actuel, signé en 1969, Hydro-Québec achète la majorité de l’électricité produite par la centrale de 5428 mégawatts pour seulement 0,2 cent par kilowattheure. Le service public peut ensuite revendre cette électricité à des tarifs beaucoup plus élevés sur le marché.
En vertu du nouvel accord qui prendrait fin en 2075, Hydro-Québec paierait des tarifs de plus en plus élevés pour l’électricité, atteignant un tarif moyen effectif de 5,9 cents par kilowattheure.
L’accord pourrait également mener à de nouveaux développements sur le fleuve Churchill, notamment une centrale électrique de 2250 mégawatts à Gull Island.
Les libéraux de Terre-Neuve-et-Labrador ont affirmé que ce nouvel accord pourrait rapporter environ 225 milliards $ à la province au cours des 50 prochaines années. Avant d’être élu premier ministre en octobre, Tony Wakeham, avait soutenu qu’il pensait que la province pouvait obtenir un meilleur accord.
Il a depuis ordonné à un groupe d’experts d’examiner le protocole d’accord d’ici la fin avril, au moment où les responsables avaient espéré avoir conclu une entente définitive et contraignante.
Cet examen se poursuit, quel que soit le premier ministre du Québec, a indiqué M. Wakeham.
«Le poste de premier ministre comporte d’énormes responsabilités, et je souhaite bonne chance à M. Legault et à sa famille alors qu’il se retire de la vie publique», a-t-il déclaré.
John Hogan, chef de l’opposition libérale à Terre-Neuve-et-Labrador, a affirmé que la mention par M. Legault du projet d’accord dans son discours de démission montre à quel point celui-ci est important pour le Québec.
«Il y a encore une chance, et je ne veux pas voir cette chance échapper à la province, a affirmé M. Hogan en entrevue. J’encourage notre gouvernement à contacter le premier ministre Legault pendant qu’il est encore en fonction afin d’essayer de finaliser l’accord.»
