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Christine Fréchette fait la «chasse aux sources», clament les oppositions

À la suite d’un congédiement d’un fonctionnaire.

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Christine Fréchette fait la «chasse aux sources», clament les oppositions Les oppositions à Québec ont dénoncé une «chasse aux sources» de la part de la première ministre, Christine Fréchette, après le congédiement d’un fonctionnaire.

Les oppositions à Québec ont dénoncé une «chasse aux sources» de la part de la première ministre, Christine Fréchette, après le congédiement d’un fonctionnaire.

Le diffuseur public publiait jeudi matin un article dans lequel Olivier Smith-Lauzon raconte avoir perdu son emploi après avoir transmis des informations à Radio-Canada en lien avec des sommes investies dans des entreprises comme Northvolt et Nemaska Lithium. 

Le sujet s’est invité à l’Assemblée nationale. «Aujourd’hui, qu’est-ce qu’on peut retenir? C’est le style de leadership de Mme Fréchette. C’est la chasse aux sources», a affirmé le député libéral de Nelligan, Monsef Derraji, en point de presse jeudi. 

Dans un rapport accablant déposé mercredi, la vérificatrice générale du Québec (VGQ), Christine Roy, a critiqué les investissements du gouvernement caquiste dans la filière batterie, affirmant qu’ils étaient «peu planifiés». Elle ajoute que des «risques importants» n’ont pas été «suffisamment considérés».

«Le rapport de la VGQ d’hier est terrible pour le gouvernement. Un gaspillage éhonté de l’argent public dans une filière batterie avec un travail bâclé. (...) Alors, salutations aux lanceurs d’alerte. On les remercie», a dit le solidaire Alexandre Leduc. 

Même son de cloche du côté du Parti québécois qui affirme que «le gouvernement est à la chasse aux lanceurs d’alerte».

«Comment la première ministre peut-elle justifier que sa priorité, lorsqu’on attribue des milliards de dollars qui sont dilapidés, qui s’envolent en fumée, c’est d’appeler la police pour savoir qui a été le lanceur d’alerte?» a demandé le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon. 

UPAC 

L’article de Radio-Canada fait également mention d’une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en lien avec la fuite d’un document envoyé au Parti libéral du Québec. On précise que ce n’est pas Olivier Smith-Lauzon qui est à l’origine de ce coulage. 

Le 10 décembre 2025, Monsef Derraji exhibe ce document lors d’un point de presse diffusé en ligne. Or, cette vidéo a ensuite été retirée du site de l’Assemblée nationale à la demande du gouvernement. 

Ce dernier a d’ailleurs été bombardé de questions sur le sujet par les oppositions au Salon rouge jeudi. La première ministre s’est défendue en affirmant que Monsef Derraji avait rendu publiques des «informations qui créaient une situation très délicate et problématique avec plusieurs entreprises face à leurs compétiteurs». 

«Ça pouvait même conduire à des délits d’initiés, parce que certaines de ces entreprises sont inscrites en bourse», a expliqué Christine Fréchette. 

Elle a ajouté que Monsef Derraji avait accepté que la vidéo soit retirée. «Je le remercie pour sa collaboration.»

La première ministre a aussi dit que c’était le sous-ministre à l’Économie qui avait contacté l’UPAC «considérant que ces données sensibles avaient été rendues publiques».  

Contacté par La Presse Canadienne au sujet du retrait de cette vidéo, l’Assemblée nationale a indiqué avoir reçu la demande du gouvernement et d’avoir accepté «après avoir obtenu l’accord du député». Elle ajoute qu’elle n’a pas à «dévoiler les motifs évoqués» du retrait. 

«Contrairement aux paroles prononcées en Chambre ou en commissions parlementaires, les propos des parlementaires tenus dans le cadre des points de presse ne sont pas couverts par le privilège parlementaire de la liberté de parole», a ajouté la porte-parole de l’Assemblée, Béatrice Zacharie. 

Pour sa part, Monsef Derraji a indiqué ne pas avoir reçu d’appel de l’Assemblée nationale. «Quand j’ai reçu l’appel de Mme Christine Fréchette, la vidéo était déjà retirée.» Il dit avoir été contacté par l’UPAC en mai.

Dans un courriel à La Presse Canadienne, l’UPAC indique que, dans ce cas précis, elle a «reçu des dénonciations provenant de fonctionnaires dès la mi-novembre».

Des élus réagissent au congédiement d’un lanceur d’alerte en lien avec une enquête de l’UPAC Le gouvernement caquiste se trouve dans l'eau chaude en lien avec le congédiement d'un fonctionnaire décrit comme un lanceur d'alerte.

«Après analyse des allégations portées à notre attention, nous avons pris la décision d’amorcer une démarche d’enquête. À ce titre, personne ne peut commander à l’UPAC de mener une enquête policière. L’UPAC et son commissaire possèdent une indépendance claire du fait des lois qui les encadrent pour agir en ce sens», ajoute le porte-parole, Mathieu Galarneau. 

«Dangereux précédent»

Lors de la période de questions, l’ex-députée libérale – désormais indépendante – Marwah Rizqy a exhorté le gouvernement à remettre la vidéo sur le site de l’Assemblée nationale et à brouiller les informations sensibles.  

Mme Rizqy n’a pas parlé avec Monsef Derraji ni le chef parlementaire libéral, André Fortin – aussi présent sur la vidéo retirée –, avant de faire son intervention. 

«Je le fais pour l’ensemble des élus. Je pense que c’est un dangereux précédent de retirer une partie de l’histoire, une partie de notre démocratie, une part des débats», s’est-elle justifiée.