Politique

Christine Fréchette en mission à Washington

Il est prévu notamment que Mme Fréchette rencontre le nouvel ambassadeur du Canada aux États-Unis.

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La première ministre Christine Fréchette, à droite, fait une annonce en compagnie de la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, à Montréal le jeudi 23 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Christopher Katsarov La première ministre Christine Fréchette, à droite, fait une annonce en compagnie de la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, à Montréal le jeudi 23 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Christopher Katsarov)

La première ministre Christine Fréchette a confirmé vendredi qu’elle se rendra à Washington la semaine prochaine pour rencontrer des élus américains et des gens d’affaires.

Elle doit quitter dimanche en vue d’une journée de rencontres, lundi.

Les objectifs de la mission sont de défendre les intérêts du Québec en vue de la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) et de renforcer les liens avec les acteurs économiques et les élus américains, a-t-elle confié à l’issue d’une rencontre avec les représentants de plusieurs secteurs économiques clés du Québec. La rencontre se déroulait au siège social de la Caisse de dépôt et placement du Québec, au centre-ville de la métropole.

«Je suis très contente de la rencontre qu’on a eue. J’ai eu l’occasion de parler à une bonne vingtaine de dirigeants d’associations économiques au sujet de la nature de notre relation économique et politique aussi avec les États-Unis. Et juste à l’aube de ma mission à Washington, pour moi, c’était important de les entendre.»

Hécatombe évitée

Mme Fréchette était accompagnée de son nouveau ministre de l’Économie, Bernard Drainville. Le président et directeur général de la Caisse de dépôt, Charles Emond, la présidente d’Investissement Québec, Bicha Ngo, des représentants du secteur aéronautique, des industries de l’acier et de l’aluminium, du secteur agricole étaient notamment autour de cette table et Mme Fréchette a tenu à saluer la résilience de tous ces acteurs. «Si on se reporte à il y a un peu plus d’un an, on était dans une situation où la guerre tarifaire débutait. Et moi, personnellement, je dois vous le dire, je craignais une hécatombe au niveau des emplois. C’était ça ma crainte, parce que c’est notre plus grand partenaire commercial qui nous démarrait une guerre tarifaire illégitime par ailleurs. Et puis ce que je vois, un peu de plus d’un an après, c’est que finalement, au niveau de l’emploi, on s’en est relativement bien tirés, malgré tout.»

La première ministre a par ailleurs souligné la hausse de 10 % des exportations québécoises à destination d’autres marchés que les États-Unis. «Il y a eu un mouvement de diversification des marchés entrepris par les entreprises. On va poursuivre sur cette lancée.»

Au-delà de cette diversification des marchés, la première ministre a également fait part de son intention d’aider les entreprises les plus affectées par la guerre tarifaire et à faire croître le marché intérieur. «Je vais m’inscrire dans la volonté d’avoir des programmes de soutien pour nos entreprises, tels qu’on l’a fait depuis plus d’un an, mais également je vais vouloir agir dans le cadre de l’économie québécoise. Je pense que ça, c’est une des touches que moi j’apporte, par exemple avoir des appels d’offres qui donnent davantage de place et de valeur à des produits qui viennent du Québec.»

Convaincre les vis-à-vis, mais le président?

Dans la capitale américaine, la première ministre doit s’entretenir avec la communauté d’affaires des États-Unis, dont des représentants de l’industrie de l’aluminium et des constructeurs d’habitations, mais aussi avec des élus américains. «Je pense que c’est important que les gens décisionnels aux États-Unis, sur le plan politique, entendent nos messages et qu’on leur rappelle l’importance de nos relations économiques. Et également que des acteurs américains portent d’eux-mêmes des messages qui s’apparentent aux nôtres, qui s’inscrivent dans la même orientation, de telle sorte qu’ on puisse renforcer leurs propres messages.»

Christine Fréchette ira donc, comme tous les autres émissaires canadiens avant elle, «rappeler l’importance de notre accord économique. Rappeler l’importance de nos liens commerciaux. Le Canada, c’est le plus grand partenaire économique des États-Unis. Le Québec, on est au cœur d’un grand nombre de secteurs.» Elle entend, du même coup, établir ses propres contacts dans la capitale américaine.

Mme Fréchette se dit bien consciente du caractère imprévisible du président Donald Trump, mais elle croit malgré tout qu’il est possible d’agir en coulisses. «Au niveau du président, (son) message peut être maintenu, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des discussions derrière les portes closes pour réorienter les actions du président sur le plan économique. Alors moi, j’ai bon espoir que de partager avec eux notre perception des choses, d’avoir des alliés, de renforcer nos alliés, ça va être porteur pour la suite.»

Il est prévu aussi que Mme Fréchette rencontre le nouvel ambassadeur du Canada aux États-Unis, Mark Wiseman, qui a suscité la controverse récemment en envoyant une invitation en anglais seulement à une réception. M. Wiseman a reconnu jeudi qu’il s’agissait d’une «erreur inacceptable».

Sa nomination, à la fin de l’année dernière, avait également suscité la controverse au Québec en raison de ses commentaires antérieurs critiquant le système canadien de gestion de l’offre.