Politique

Christine Fréchette convoque une réunion spéciale de son conseil des ministres lundi

La Presse Canadienne a obtenu la confirmation de la tenue de ce conseil des ministres spécial lundi.

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La cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, fait une annonce lors de la campagne électorale à Lorraine, le samedi 5 septembre 2026. La Presse Canadienne (Graham Hughes)

La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, prend une pause de la campagne électorale dimanche.

Radio-Canada a annoncé le même jour qu’elle va remettre son chapeau de première ministre et convoque une réunion spéciale de son conseil des ministres lundi.

La Presse Canadienne a obtenu la confirmation de la tenue de ce conseil des ministres spécial lundi.

Cette réunion extraordinaire du conseil des ministres, ce qui est plutôt rare en campagne électorale, se tiendra à la veille de l’entrée en vigueur des droits de douane canadiens de rétorsion sur une multitude de produits provenant des États-Unis, en réplique aux droits de douane américains sur les produits canadiens.

Ils varieront entre 15 et 50 % et viseront un large éventail de produits, notamment les produits laitiers, l’acier, le cuivre et certains produits de beauté.

Ces droits de douane constituent une riposte aux surtaxes de 50 % imposées par Donald Trump sur 28 milliards $ de produits canadiens, allant des bâtons de hockey au miel.

Cette décision n’a pas tardé à faire réagir les autres chefs de parti qui étaient en pleine campagne électorale dimanche.

Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a notamment avancé que les Québécois vont «assister à une pièce de théâtre» lundi.

«On va avoir une conférence de presse, des drapeaux, des mines basses, des gens alignés autour d’une table qui vont nous dire qu’ils sont là pour les Québécois et qu’ils vont tout faire pour sauver le Québec», a-t-il résumé lors d’un arrêt de campagne à Gatineau.

Il estime que le gouvernement Fréchette n’a pas préparé le Québec à la guerre tarifaire.

«C’est de l’improvisation. On assiste en ce moment à une grande improvisation et ça, c’est l’inverse de la préparation», a-t-il lancé.

De son côté, le chef conservateur Éric Duhaime n’est pas non plus passé par quatre chemins pour dénoncer le choix de convoquer un conseil des ministres.

«C’est décevant, mais ce n’est pas surprenant. Mme Fréchette, c’est une profiteuse», a-t-il affirmé après avoir été questionné à ce sujet lors d’un point de presse à Pont-Rouge.

«On a tous compris que c’est une opération marketing de la CAQ, qui essaye d’instrumentaliser la crise des tarifs pour cacher son bilan», a fait valoir M. Duhaime.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a soutenu que «la peur n’est pas une stratégie économique» dans une déclaration qu’il a fait parvenir par courriel.

Tout comme M. Duhaime, il a accusé Mme Fréchette d’utiliser «l’épouvantail Trump depuis plusieurs jours dans l’espoir que la population détourne le regard du bilan de la CAQ et des propositions de chaque parti».

Il en a rajouté lors de sa sortie électorale de dimanche matin à Montmagny, soutenant que «cette stratégie-là ne doit pas être une excuse pour ne pas faire campagne et manquer de transparence envers les Québécoises et les Québécois».

Afin de «préserver l’intégrité de notre processus électoral», M. St-Pierre Plamondon demande qu’en cas de nouvelle riposte américaine, tous les chefs de parti québécois soient tenus informés «directement» des développements par le premier ministre Mark Carney.

«Dans un dossier aussi important, la continuité de l’État et l’intérêt économique du Québec doivent passer avant les considérations partisanes», a-t-il souligné dans sa déclaration écrite.

Contrairement à ses adversaires, la porte-parole solidaire Ruba Ghazal a été plus nuancée dans ses propos, reconnaissant que Mme Fréchette est la première ministre et qu’elle tient ses réunions sous ce titre.

«Ce que je lui demande, c’est qu’est-ce qu’elle propose en lien avec les tarifs pour les travailleurs et les travailleuses?» a-t-elle mentionné peu après une annonce devant l’Assemblée nationale.

Une situation similaire avait eu lieu lors des élections fédérales en 2025, Mark Carney ayant repris ses fonctions de premier ministre à trois reprises lors de sa campagne électorale en raison de la guerre tarifaire.