La première ministre Christine Fréchette confirme que le Dossier santé numérique (DSN) sera bel et bien déployé dès samedi dans deux CIUSSS, car le virage numérique du réseau de la santé est un chantier «qu’on ne peut plus repousser», selon elle.
Mme Fréchette a fait cette annonce dans une vidéo publiée lundi matin sur les réseaux sociaux. Dans celle-ci, elle explique que l’arrivée du DSN sera positive pour le réseau de la santé, qui, à son avis, ne peut plus dépendre du fax en 2026.
Dossier santé numérique. Parlons-en.
— Christine Fréchette (@CFrechette) May 4, 2026
Au Québec, notre système de santé dépend encore du fax et du papier. En 2026, ça n’a plus de sens. Je sais que vous souhaitez du changement. Qu’on modernise.
Pour y arriver, on n’a pas d’autre choix que d’amorcer un virage informatique. On… pic.twitter.com/8grlngSTHO
Le DSN sera donc déployé au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec et au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal samedi. Mme Fréchette a assuré que «Santé Québec va faire des suivis réguliers» et que «la population sera informée».
Malgré tout, la première ministre ne se fait pas d’illusions: «Il n’est pas impossible que le début soit plus complexe.»
«Oui, il pourrait y en avoir, des bogues. Mais je vous le dis, il est hors de question de revivre un deuxième SAAQclic», a soutenu Mme Fréchette, faisant référence au virage numérique raté de la Société de l’assurance automobile du Québec.
«Malgré les défis, ce virage-là, il est nécessaire. D’autres l’ont fait, ils ont réussi, et nous aussi, on va réussir», a-t-elle fait valoir.
Au cours des dernières semaines, de nombreux professionnels ont soulevé des inquiétudes et des risques concernant le DSN, tout comme l’ont fait les partis d’opposition.
En avril, Gilles Bélanger, qui était alors ministre de la Cybersécurité et du Numérique, avait laissé entendre que le DSN se dirigeait vers un «déraillement évident». Il s’inquiétait notamment de la «protection souveraine des données».
Lundi, Mme Fréchette a souligné qu’elle voulait avoir «toutes les garanties nécessaires pour assurer la continuité des soins et la protection des données des Québécois» avant de donner son aval. «Santé Québec nous a donné ces garanties», a-t-elle écrit dans la publication accompagnant sa vidéo.
«Il est temps d’avancer», a-t-elle tranché.
Le DSN, qui permettra aux professionnels du réseau de consulter et de mettre à jour le dossier médical numérique d’un patient avec toutes ses données en temps réel, est un projet de numérisation ambitieux qui devrait coûter entre 1,5 et 3 milliards $.
