À quelques mois des prochaines élections, la première ministre du Québec, Christine Fréchette, a annoncé mercredi une baisse d’impôt d’un point de pourcentage pour 75 000 petites et moyennes entreprises.
Concrètement, cela signifie des économies de près de 630 millions $ sur 5 ans pour les entreprises concernées. «Chaque entrepreneur pourrait ainsi économiser jusqu’à 5000 $ par année», a souligné le communiqué du gouvernement.
«Pour des petits commerces, ça peut représenter un mois de loyer. Pour une entreprise manufacturière, ça peut être de décider d’acheter une machinerie cette année plutôt que de reporter l’achat à l’année prochaine», a illustré la première ministre.
Mme Fréchette en a fait l’annonce mercredi matin en Beauce en compagnie du ministre des Finances, Eric Girard, du ministre délégué à l’Économie, Daniel Bernard, et du député de Beauce-Nord, Luc Provençal.
«Ce sont les PME qui ont les vents de face les plus importants, qu’on pense à la guerre tarifaire, qu’on pense à la guerre en Ukraine, à la guerre maintenant avec l’Iran, au Moyen-Orient, qui génère des hausses de coûts de l’énergie, de l’essence», a-t-elle ajouté
En agissant de la sorte, le gouvernement caquiste se prive toutefois de rentrées d’argent alors que les finances publiques sont plombées par des déficits successifs.
«Cette mesure vise à rendre les PME d’ici encore plus compétitives. La réduction du taux d’imposition leur permettra de dégager des marges de manœuvre additionnelles pour continuer à investir, à innover et à contribuer pleinement à la croissance de l’économie québécoise», a soutenu le gouvernement.
Rappelons que l’une des premières mesures de Christine Fréchette a été le remboursement, en tout ou en partie, de la «taxe de bienvenue» pour les nouveaux acheteurs d’une propriété.
Dans son dernier budget, Eric Girard a mis de côté 1,3 milliard $ sur cinq ans pour la nouvelle première ministre.
Jusqu’à 5 000 $ en réduction d’impôt pour 75 000 PME.
— Christine Fréchette (@CFrechette) April 29, 2026
C’est ce que nous annonçons pour mieux soutenir nos entrepreneurs aux quatre coins du Québec et leur permettre de se développer à leur plein potentiel.
✅ Dès demain, leur taux d’imposition sur le revenu passera de 3,2 % à… pic.twitter.com/oKhDP2NYPO
Christine Fréchette a affirmé que son annonce de mercredi illustre l’approche qu’elle compte prendre pour aider l’économie québécoise. Elle a déjà dit qu’elle voulait mettre la pédale douce sur l’interventionnisme par rapport à son prédécesseur.
La première ministre a donné en exemple le fait qu’il y aurait moins de «prêts pardonnables de manière systématique» et que les exigences pour ces prêts seraient augmentées, «notamment en termes de rehaussement de la productivité».
«C’est sûr que quand c’est dans des secteurs stratégiques, et je pense notamment à la défense, là on pourra se permettre un certain nombre d’exceptions», a nuancé Christine Fréchette.
«Trop peu, trop tard»
Pour les libéraux et les péquistes, cette annonce arrive «trop peu, trop tard».
«C’est exactement le genre d’annonce qui nourrit le cynisme des Québécois: après huit ans à compliquer la vie des PME, à leur alourdir le fardeau et à préférer des paris coûteux avec des entreprises étrangères, la CAQ débarque avec une baisse d’impôt de dernière minute pour tenter de faire oublier le bilan Legault-Fréchette», a écrit le chef libéral, Charles Milliard, sur X.
«Christine Fréchette tentera fort probablement de nous dire que le gouvernement a été trop interventionniste et qu’il doit prendre un virage. Elle dira ainsi exactement le contraire de la politique qu’elle a elle-même menée et défendue bec et ongles à la CAQ jusqu’à tout récemment, alors qu’elle se vantait des milliards dépensés et qu’elle accusait les partis d’opposition qui remettaient en question cette façon d’opérer l’économie québécoise», a pour sa part indiqué le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, sur le même réseau social.
De son côté, Québec solidaire croit qu’il faut adopter «une approche plus progressive de la fiscalité des entreprises».
«On doit donner plus d’oxygène aux petites entreprises, c’est évident. L’annonce soulève d’autres questions: pourquoi maintenant et est-ce que l’impact positif réel a été évalué? Avec l’état de nos finances publiques, hérité de la mauvaise gestion de la CAQ, il faut s’assurer que chaque dollar dépensé aura un effet réel sur la stimulation économique et sur le coût de la vie des gens qui travaillent», a soutenu la cheffe parlementaire solidaire, Ruba Ghazal.
