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Chefferie: Fréchette et Drainville répondent aux questions des jeunes caquistes

Des quelque 15 000 membres de la CAQ, environ 900 sont âgés de 30 ans et moins.

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Lors de la réunion du caucus de la Coalition avenir Québec, le mardi 27 janvier, à Trois-Rivières, François Legault a été accueilli par Bernard Drainville et Christine Fréchette, deux députés et anciens ministres qui tentent de lui succéder à la tête... Lors de la réunion du caucus de la Coalition avenir Québec, le mardi 27 janvier, à Trois-Rivières, François Legault a été accueilli par Bernard Drainville et Christine Fréchette, deux députés et anciens ministres qui tentent de lui succéder à la tête du parti. (Patrice Bergeron/La Presse canadienne)

Christine Fréchette et Bernard Drainville promettent tous deux de maintenir la loi 94 qui renforce la laïcité dans les écoles même si la pénurie de personnel s’accentue.

Les deux candidats à la chefferie de la Coalition avenir Québec (CAQ) participaient samedi à une «assemblée virtuelle» organisée par les jeunes caquistes.

Il s’agissait du premier événement les réunissant depuis le début de la course. Pendant une heure, ils ont répondu aux questions des jeunes, mais sans jamais s’attaquer entre eux.

À la question: «Assumez-vous pleinement les conséquences de la loi 94?», M. Drainville et Mme Fréchette ont tous les deux répondu «oui».

La loi 94, adoptée le 30 octobre sans le Parti libéral ni Québec solidaire, étend notamment l’interdiction du port de signes religieux à l’ensemble du personnel dans les écoles publiques.

Ceux qui travaillaient pour un centre de services scolaires avant le 19 mars 2025 sont exemptés.

En période de pénurie de main-d’œuvre, ce sont au moins 500 personnes qui perdront leur emploi dans le réseau scolaire à Montréal si elles refusent de retirer leurs signes religieux, rapportait Radio-Canada jeudi.

L’information était pourtant claire, et elle a été transmise au réseau scolaire dès l’année passée, a plaidé Christine Fréchette, qui assure qu’elle ne cédera pas à la pression et maintiendra la loi quoi qu’il arrive.

«Les gens qui ne respectent pas cette règle-là, malheureusement, ne pourront pas poursuivre leur parcours professionnel.»

Même son de cloche du côté de Bernard Drainville. Ce dernier a réitéré samedi que les femmes qui ont été licenciées depuis l’entrée en vigueur de la loi avaient «choisi» de perdre leur emploi.

«Si tu n’acceptes pas de retirer ton signe religieux pendant les heures de travail, tu perds ton emploi, mais c’est ta décision», a-t-il déclaré, ajoutant: «Je n’ai jamais reculé devant quelque pression que ce soit.»

Jeudi, Québec solidaire avait accusé la CAQ de poser un «geste de discrimination massive», tandis que les libéraux ont dit s’attendre à des «bris de services» dans les écoles.

Oui à la nomination d’au moins un jeune ministre

Les jeunes caquistes avaient également des questions sur le taux de chômage (élevé chez les jeunes), le taux de natalité (bas au Québec) et l’accès à la propriété.

Ils ont demandé aux candidats de s’engager à nommer au moins un jeune de 30 ans et moins au conseil des ministres, demande à laquelle Mme Fréchette et M. Drainville ont rapidement acquiescé.

«C’est important que vous ayez une voix autour de la table», a déclaré M. Drainville.

Le député de Lévis a notamment proposé d’aider les jeunes à acheter leur première maison en leur avançant jusqu’à 20 % du coût d’une propriété neuve. L’État récupérerait 20 % du prix à la revente.

De son côté, Mme Fréchette a réitéré sa promesse de leur rembourser en grande partie les droits de mutation immobilière, communément appelés «taxe de bienvenue».

Au chapitre de l’emploi, les deux candidats se sont entendus pour dire que les possibilités pour les jeunes augmenteraient si l’on réduisait l’immigration.

Ils ont promis de rendre l’État plus efficace en retirant aux fonctionnaires la permanence à vie (Drainville) et en supprimant encore plus de postes (Fréchette).

«On voit bien qu’on a perdu la confiance de beaucoup de Québécois. Il faut le dire. Il faut le nommer. Tout ce chantier au niveau de l’efficacité de l’État, on n’a pas été bons», a laissé tomber Bernard Drainville.

Sa rivale a reconnu que la CAQ avait été «un peu trop interventionniste». «Je m’engage à (être) un peu plus en retenue», a-t-elle dit.

Par ailleurs, les candidats à la succession de François Legault croient que la question de l’urne en octobre tournera autour de la «stabilité».

«On va être nationalistes et on va être performants sur le plan économique, parce que les défis sont nombreux et ça va devenir la question de l’urne», a déclaré la députée de Sanguinet.

«Face à cette menace qui nous provient du Sud, (...) je pense que ça prend un parti qui incarne la stabilité», a ajouté son adversaire.

M. Drainville s’est présenté comme une personne capable de «rester calme» et «d’affronter les tempêtes». Il a plus tard reconnu que sa rivale était particulièrement «studieuse» et «travaillante».

Les échanges étaient modérés, samedi, par l’analyste politique et ex-directeur des communications du premier ministre conservateur Stephen Harper, Dimitri Soudas.

Selon le plus récent sondage Pallas-Data-Qc125-L’Actualité, 51 % des répondants caquistes auraient une opinion favorable de Christine Fréchette, contre 24 % pour Bernard Drainville.

Deux débats plus traditionnels se tiendront le 21 mars, à Québec, puis le 28 mars, à Laval. L’élection du nouveau chef caquiste et premier ministre du Québec se fera le 12 avril.

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste