Pressentie pour se lancer dans la course afin de remplacer le premier ministre démissionnaire François Legault, la députée de Sanguinet et ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie Christine Fréchette devrait officialiser sa candidature ce dimanche.
Mme Fréchette tiendra un point de presse à Trois-Rivières en matinée dimanche. Elle jouit déjà de plusieurs appuis au sein du caucus caquiste, dont les ministres Gilles Bélanger, Benoit Charette, Mathieu Lacombe, Kateri Champagne Jourdain et Ian Lafrenière.
Le nouveau chef CAQ, et donc le prochain premier ministre, sera choisi le 12 avril.
Les règles de la course ont été dévoilées jeudi.
Pour se qualifier, les candidats devront obtenir la signature de 1000 membres de la CAQ provenant d’au moins 75 circonscriptions, incluant 15 députés et 100 membres de l’aile jeunesse du parti.
Ils devront aussi faire une contribution forfaitaire non remboursable de 30 000 $. Les dépenses électorales sont plafonnées à 150 000 $.
«Le vote se fera par téléphone, de façon secrète, selon un mode de scrutin préférentiel. Les électeurs classeront les candidats par ordre de préférence, et le candidat obtenant la majorité absolue (50 % + 1) sera proclamé chef lors du congrès à la direction», peut-on lire sur le site de la CAQ.
Les personnes intéressées ont jusqu’au 21 février pour déposer leur candidature.
Un ministre qui veut se porter candidat devra «surseoir à ses fonctions». Cela signifie qu’il ne sera plus à la table du cabinet, mais qu’il conservera son garde du corps (qui est aussi son chauffeur). Un autre député assurera l’intérim. Les candidats défaits reprendront leurs responsabilités ministérielles.
Jolin-Barrette et Bonardel renoncent
Plusieurs potentiels adversaires de Christine Fréchette ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne participeraient pas à la course à la chefferie.
C’est notamment le cas du ministre Simon Jolin-Barrette.
D’abord évoqué parmi les successeurs potentiels de François Legault, il a mentionné sur les réseaux sociaux que ce n’était pas «le bon moment pour lui», évoquant des raisons «familiales et professionnelles».
Sur la course à la chefferie: pic.twitter.com/81d9L8O0m8
— Simon Jolin-Barrette (@SJB_CAQ) January 23, 2026
Le ministre de la Justice a ajouté croire que la course à la chefferie qui aboutira en avril constitue «une occasion unique de se renouveler et de reprendre des forces en vue du prochain rendez-vous électoral».
François Bonnardel a lui aussi révélé vendredi qu’il ne serait pas de la course à la chefferie et qu’il appuierait plutôt l’un ou l’une de ses collègues.
«Après réflexion, et parce que des candidatures de grande qualité se profilent à l’horizon, je ne serai pas candidat dans cette course à la chefferie de notre parti», a-t-il indiqué dans une déclaration transmise sur les réseaux sociaux.
Je remercie tous ceux et celles qui m’ont témoigné leur appui au cours des derniers jours afin qu’une 3e voie forte, et unie, continue de se faire entendre au Québec.
— François Bonnardel (@fbonnardelCAQ) January 23, 2026
Après réflexion, et parce que des candidatures de grande qualité se profilent à l'horizon, je ne serai pas…
M. Bonnardel était un membre éminent du conseil des ministres du gouvernement Legault à partir de son entrée au pouvoir jusqu’au dernier remaniement ministériel du premier ministre. Il avait été ministre des Transports de 2018 à 2022, puis ministre de la Sécurité publique de 2022 à septembre dernier.
Drainville tentera-t-il sa chance ?
De son côté, Bernard Drainville laisse toujours planer le mystère concernant sa présence au fil de départ de la course pour succéder à François Legault.
Le ministre de l’Environnement affirme qu’il n’a pas encore pris de décision… mais le député de Lévis a laissé plus que des indices sur ses intentions, jeudi en entrevue avec Noovo Info.
«Vous présumez que je ne serai pas candidat?» a répondu M. Drainville quand Noovo Info lui a demandé à qui va son soutien entre ses collègues caquistes Christine Fréchette et Simon Jolin-Barrette qui récoltent des appuis depuis plusieurs jours.
L’ancien animateur du 98,5 FM a promis de ne pas tarder à partager son choix. «Je ne sais pas, mais je n’ai pas la réputation d’être trop, trop taponneux, comme on dit par chez nous.»
M. Jolin-Barette demeure sur la ligne de touche pour le moment. Il a toutefois écrit un message sur les réseaux sociaux où il n’indiquait pas clairement ses intentions, mais jetait des fleurs à ses collègues.
«Le caucus de la CAQ est rempli de députés talentueux, de collègues déterminés et bien implantés dans leurs collectivités, dans leurs régions. Je suis honoré de siéger à vos côtés à l’Assemblée nationale et de défendre une vision forte et ambitieuse du Québec. Il reste dix mois au mandat et les Québécois souhaitent un gouvernement qui travaillera sans arrêt pour améliorer les choses dans toutes les régions du Québec. Nous avons tous les talents et la volonté pour y arriver, j’en suis persuadé.»
