Le chef libéral Charles Milliard se fait plus concret à quatre mois des élections: il s’engage notamment à doubler les investissements pour les infrastructures municipales.
M. Milliard a pris la parole vendredi aux assises annuelles de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), où il s’est fait applaudir à plusieurs reprises.
Il a d’abord promis de faire passer de 4,4 % à 8 % la part des investissements dédiés aux infrastructures municipales dans le Programme québécois des infrastructures (PQI).
Ce rehaussement se ferait dans le premier mandat d’un gouvernement libéral et serait pérenne, a-t-il dit. «On doit absolument rénover le Québec», a-t-il lancé sous les applaudissements.
Le chef libéral a également suscité l’enthousiasme lorsqu’il a promis d’accepter le dépôt de projets en continu et d’abolir l’obligation pour les villes de céder gratuitement des terrains aux centres de services scolaires.
«La Coalition avenir Québec (CAQ) a brisé le lien de confiance avec les villes du Québec», a-t-il affirmé devant les membres de l’UMQ.
«Il y a un nouveau cycle politique qui s’amorce à Québec. (...) Suffisamment de choses ont changé dans la gestion des villes pour qu’on doive rebrasser les cartes, changer le fond, la forme et le ton.»
Prenant la parole à son tour, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a notamment insisté sur la question de l’itinérance.
L’augmentation «fulgurante» de ce phénomène dans plusieurs régions du Québec est absolument «inacceptable», selon lui. «C’est un échec lamentable» de la CAQ, a-t-il dit.
Le chef péquiste s’est à nouveau engagé à réduire de 50 % l’itinérance d’ici 2030. Il a dit vouloir s’inspirer de l’«approche coordonnée» utilisée en Finlande et dans la ville de Houston, aux États-Unis.
Pour sa part, la porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a proposé de tenir des états généraux afin d’élaborer un nouveau pacte fiscal avec les municipalités.
Citant le rapport sur la fiscalité des ex-ministres Nicolas Marceau et Monique Jérôme-Forget, elle a suggéré que les sociétés par actions paient davantage de droits de mutation immobilière.
«Je suis d’accord avec Mme Jérôme-Forget, qui a dit: “Il faut que les plus riches paient leur juste part”. Ça ne peut pas être seulement la classe moyenne», a soutenu Mme Ghazal.
De son côté, le chef conservateur Éric Duhaime a plaidé pour une réduction de la bureaucratie et une décentralisation, notamment en matière d’immigration.
Selon lui, les politiques en immigration sont actuellement mésadaptées aux régions.
«Ce qui se passe à Sainte-Claire dans Bellechasse n’a rien à voir avec ce qui se passe au centre-ville de Montréal, que ce soit en francisation ou en intégration. Trop souvent, c’est du mur-à-mur», a-t-il déploré.
Le ministre Poulin lance une réflexion nationale
Plus tard, le ministre des Affaires municipales, Samuel Poulin, a annoncé aux assises de l’UMQ qu’il lançait une grande «réflexion nationale sur le coût et le financement des infrastructures municipales».
Un forum réunissant les représentants du milieu municipal, des spécialistes universitaires, ainsi que des acteurs du milieu de la construction et de la société civile se tiendra à Québec vers la mi-juin.
«Aujourd’hui, c’est une étape déterminante que nous franchissons, avec le lancement d’une réflexion nationale», a déclaré le ministre dans un communiqué.
«C’est un chantier nécessaire, dans le contexte actuel. Les besoins et les défis en infrastructures sont colossaux, et il faut trouver des solutions innovantes», a-t-il ajouté.

