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Champagne devra répondre aux questions en comité sur ses liens avec Alto

Le ministre s’est récusé des décisions concernant le projet de train à grande vitesse en septembre dernier, un mois après que sa conjointe est devenue vice-présidente chez Alto.

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Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, s’adresse aux journalistes avant la réunion du Cabinet sur la colline du Parlement à Ottawa, le mardi 21 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Adrian Wyld Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, s’adresse aux journalistes avant la réunion du Cabinet sur la colline du Parlement à Ottawa, le mardi 21 avril 2026. (Adrian Wyld/La Presse canadienne)

Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, comparaîtra devant le comité de l’éthique de la Chambre des communes pour répondre à des questions concernant son implication dans le projet de train à grande vitesse Alto.

Le ministre s’est récusé des décisions concernant le projet de train à grande vitesse en septembre dernier, un mois après que sa conjointe est devenue vice-présidente chez Alto.

Cette société d’État est responsable du projet de train à grande vitesse de 90 milliards $ entre Toronto et Québec.

Le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Konrad von Finckenstein, a indiqué à M. Champagne qu’il ne se trouvait pas en situation de conflit d’intérêts et qu’il n’aurait pas besoin de mettre en place un contrôle éthique. 

Le bureau de M. Champagne a mentionné qu’il avait décidé de se récuser malgré tout.

Michael Barrett, porte-parole conservateur en matière d’éthique, se demande si le ministre s’est réellement récusé des décisions du Cabinet concernant Alto, étant donné qu’aucune information n’a été rendue publique sur le site web du commissaire à l’éthique.

Les députés libéraux membres du comité ont prolongé le débat pendant des heures à savoir si M. Champagne et le commissaire à l’éthique devaient être convoqués pour être interrogés.

Au terme de réunions qui se sont étalées sur plusieurs jours, le comité a accepté que M. Champagne et M. von Finckenstein comparaissent pendant une heure. 

«Franchement, nous étions confrontés à la perspective d’un obstructionnisme illimité, ou d’un obstructionnisme sans fin, de la part des libéraux, et nous voulons pouvoir faire valoir une certaine responsabilité», a mentionné M. Barrett. 

Le ministre des Finances a indiqué aux journalistes la semaine dernière lors d’une conférence de presse à Washington, D.C., que la demande des conservateurs de le faire témoigner devant la commission n’était «que de la politique».

«J’ai respecté toutes les règles, allant même au-delà de ce m’avait suggéré le commissaire, afin d’éviter tout sentiment de conflit d’intérêts potentiel ou possible», a précisé M. Champagne vendredi dernier.

Un porte-parole du cabinet de M. Champagne a déclaré mardi que le ministre «se réjouissait de rencontrer la commission d’éthique pour exposer les mesures qu’il a prises de manière proactive afin d’aller au-delà de ce qu’exige la loi».

M. Barrett a fait valoir que cette affaire démontrait que les règles nationales en matière de conflits d’intérêts n’étaient pas assez strictes.

«Cela montre également que les lois sur l’éthique dans ce pays doivent être renforcées afin de donner aux Canadiens l’assurance que les décisions prises par les ministres sont dans leur intérêt et non dans celui des ministres eux-mêmes», a-t-il ajouté.

La rencontre de M. Champagne avec le comité aura lieu la semaine du 25 mai. 

Sarah Ritchie

Sarah Ritchie

Journaliste