Politique

Champagne défend sa politique budgétaire alors que les dépenses s'accélèrent

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Le ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, participe à une mêlée de presse avant une table ronde prébudgétaire avec la Chambre de commerce du Canada, à Ottawa, le lundi 6 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tan... Le ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, participe à une mêlée de presse avant une table ronde prébudgétaire avec la Chambre de commerce du Canada, à Ottawa, le lundi 6 juillet 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Justin Tang)

Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a affirmé lundi que les libéraux maîtrisaient les finances fédérales, alors même que les détails essentiels concernant les dépenses en matière de défense et d’infrastructures restent confidentiels.

M. Champagne a indiqué aux journalistes qu’Ottawa s’était montré «très transparent» envers les Canadiens concernant le rythme des dépenses fédérales et la nécessité de se concentrer sur ce que le gouvernement peut contrôler en cette période d’instabilité géopolitique.

Il a ajouté que l’engagement pris la semaine dernière concernant le financement fédéral d’un projet d’oléoduc reliant l’Alberta à la côte de la Colombie-Britannique contribuera à faire du Canada une superpuissance énergétique mondiale.

«Des discussions vont encore avoir lieu concernant le modèle financier précis qui sous-tend ce projet», a expliqué M. Champagne en réponse à des questions sur la forme que prendrait la contribution publique à ce projet.

Le ministre a également indiqué que le gouvernement fédéral suivait un modèle mis en œuvre avec succès par d’autres pays, selon lequel une augmentation des dépenses de défense stimule l’innovation au sein du pays.

«Le Canada ne fait pas exception. Nous agirons de manière très judicieuse, de façon à ce que les travailleurs, les industries et l’ensemble du pays en tirent profit», a-t-il ajouté.

Les journalistes ont insisté auprès de M. Champagne pour obtenir des détails sur la manière dont le Canada financerait ses engagements croissants en matière de défense, alors que le premier ministre Mark Carney s’apprête à se rendre cette semaine en Turquie pour le sommet de l’OTAN.

Le Canada a franchi une étape importante en début d’année lorsque l’OTAN a confirmé que le pays avait atteint l’objectif fixé par l’alliance, à savoir consacrer 2 % du PIB à la défense.

Cependant, ce seuil devrait augmenter dans les années à venir, pour atteindre 5 % du PIB d’ici 2035. Environ 1,5 % de ce chiffre peut être consacré à des dépenses connexes à la défense, telles que les infrastructures de transport.

M. Champagne a rapporté que le gouvernement avait clairement défini ses exigences en matière de dépenses de défense et affirmé que le Canada était en bonne voie pour atteindre les objectifs de l’OTAN.

Il a renvoyé les journalistes aux annexes du budget 2025 et à la récente mise à jour économique de printemps pour plus de détails.

«Nous avons défini les grandes orientations à cet égard, et à mesure que les programmes et les acquisitions se concrétiseront, nous fournirons davantage de détails à ce sujet», a-t-il commenté.

Les projections budgétaires publiées par Ottawa ne présentent les engagements en matière de dépenses de défense que jusqu’à l’exercice 2030-2031.

Le responsable parlementaire du budget et d’autres critiques ont quant à eux souligné l’existence d’un écart dans les comptes fédéraux concernant la trajectoire proposée pour atteindre l’objectif de 5 %.

Un rapport du 4 mai de la responsable parlementaire du budget, Annette Ryan, prévoit qu’Ottawa devrait atteindre 159 milliards $ de dépenses de base en matière de défense d’ici 2035-2036 pour respecter les objectifs de l’OTAN.

En l’absence d’autres économies, cela augmenterait le déficit fédéral de 63 milliards $ et ferait grimper le ratio dette/PIB de 6,3 points de pourcentage, selon les projections de son bureau.

Le premier ministre Mark Carney a déclaré en mai que si Ottawa avait présenté un plan complet de dépenses de défense l’année dernière, celui-ci serait déjà dépassé en raison de l’évolution fulgurante de la guerre moderne.

Acquisition de 12 sous-marins

En route vers la Turquie pour le sommet de l’OTAN, M. Carney a fait escale lundi à Halifax pour annoncer que la société allemande TKMS avait remporté l’appel d’offres pour la flotte de sous-marins de nouvelle génération du Canada — un marché qui, selon lui, constitue «le plus important de l’histoire du Canada».

Le Canada prévoit d’acquérir jusqu’à 12 sous-marins, et le coût d’achat est estimé à pas moins de 24 milliards $. Les coûts d’entretien et d’exploitation sont quant à eux bien plus élevés.

M. Champagne s’est exprimé devant les journalistes avant un événement organisé lundi pour lancer les consultations prébudgétaires en vue de la mise à jour des dépenses de l’automne.

Les représentants des médias avaient été invités à assister à son discours d’ouverture lors d’une table ronde réunissant des chefs d’entreprise de la Chambre de commerce du Canada, mais ils ont été escortés hors de la salle avant le début des discussions.

M. Champagne a laissé entendre aux journalistes que le gouvernement fédéral prévoyait d’inclure dans le budget 2026 des mesures visant à renforcer sa capacité à stimuler la croissance économique et à respecter ses engagements en matière de défense.

«Nous investissons dans les domaines qui généreront de la croissance pour le pays et nous nous assurons ainsi d’avoir les moyens de financer ce que nous allons entreprendre pour respecter nos obligations envers l’OTAN», a-t-il souligné.