Ottawa dévoilera cette semaine sa stratégie en matière d’IA, qui décrit comment le gouvernement fédéral compte concilier la croissance rapide de ce secteur avec les préoccupations liées à la sécurité et à la souveraineté des données.
Cette stratégie repose sur six piliers : protéger les Canadiens ; donner les moyens d’agir aux Canadiens ; favoriser l’adoption de l’IA ; développer une IA souveraine ; faire croître les entreprises canadiennes du secteur de l’IA ; et établir des partenariats de confiance.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
L’analyste technologique Daniel Bader a expliqué lundi à l’émission CTV Your Morning que s’attaquer au secteur de l’IA avec un plan cohérent relèverait d’un exercice d’équilibre.
«C’est l’un des défis les plus difficiles auxquels le gouvernement Carney a été confronté à ce jour», a-t-il avancé. «Le problème, c’est que ces six piliers sont très offensifs dans la mesure où ils visent à faire croître l’économie canadienne grâce à l’IA, tout en restant un peu sur la défensive pour protéger la démocratie canadienne. Ce sera là le véritable défi.»
M. Bader évoque la fusillade de Tumbler Ridge et le fait que le tireur avait utilisé ChatGPT pour discuter de violence. Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, est allé jusqu’à s’excuser de ne pas avoir alerté la police de l’utilisation de ChatGPT par le tireur.
«C’est devenu un débat national sur la manière dont les Canadiens peuvent être mieux protégés contre les dangers d’une IA incontrôlée», a ajouté l’expert. «Ces entreprises (d’IA) sont incitées à se développer, et comme les entreprises de médias sociaux et d’autres grandes entreprises avant elles, à se développer à grande échelle. Nous voulons adopter l’IA, mais d’une manière qui soit sécuritaire et qui protège également la démocratie et la vie privée des Canadiens.»
Alors que le premier ministre Mark Carney a récemment affirmé au pape Léon XIV qu’il souhaitait que le Canada joue un rôle de premier plan dans le développement responsable de l’intelligence artificielle, cela posera des défis supplémentaires car de nombreux Canadiens restent sceptiques quant à ses utilisations, selon M. Bader.
Une récente manifestation contre deux centres de données d’IA prévus à Vancouver a rassemblé des centaines de personnes dans la ville.
«Nous devons accepter la présence de l’IA sur nos lieux de travail, dans nos écoles et dans nos foyers», a-t-il indiqué M. Bader. «Et de nombreuses entreprises vont également solliciter le gouvernement pour obtenir des fonds pour des centres de données et pour de nombreux autres projets, notamment dans le domaine des sciences de la vie, où l’IA peut faire une grande différence.»
Avec des informations de La Presse canadienne et d’Ian Holliday pour CTV News Vancouver
