Politique

Carney sommera Poutine de mettre fin à l'occupation en Ukraine s'il est convié au G20

Mark Carney a précisé qu’il appartient au chef d’État américain de décider qui participera au sommet, mais que Vladimir Poutine «ne comprend que la force et la franchise».

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Dans cette photo transmise par la fondation Roscongress, le président russe Vladimir Poutine prononce un discours à la session plénière au Forum économique oriental, à Vladivostok, en Russie, le 3 septembre 2026. Dans cette photo transmise par la fondation Roscongress, le président russe Vladimir Poutine prononce un discours à la session plénière au Forum économique oriental, à Vladivostok, en Russie, le 3 septembre 2026. (Aleksandr Zholobov)

Le premier ministre Mark Carney a affirmé jeudi qu’il adresserait un message simple à Vladimir Poutine si le président russe participait au sommet des dirigeants du G20: «Quittez l’Ukraine.»

«Il ne comprend que la force et la franchise», a déclaré M. Carney lorsqu’on lui a posé une question sur M. Poutine lors d’une conférence de presse à Thunder Bay, en Ontario.

«Le message serait simple: quittez l’Ukraine, rendez l’intégralité de l’Ukraine à l’Ukraine, mettez fin à cette guerre qui tue plus de 30 000 de vos concitoyens chaque mois», a détaillé M. Carney, ajoutant qu’il s’était entretenu à de nombreuses reprises avec Vladimir Poutine par le passé.

En 2014, avant son invasion à grande échelle en 2022, la Russie s’est emparée de la Crimée, qui appartenait à l’Ukraine.

Le président américain, Donald Trump, accueillera en décembre les dirigeants mondiaux à Miami à l’occasion du sommet du G20 et certains indices laissent penser qu’il pourrait autoriser Vladimir Poutine à y participer, malgré le mandat d’arrêt délivré à l’encontre du dirigeant russe par la Cour pénale internationale (CPI).

Les États-Unis ne sont pas membres de la CPI et l’administration Trump a lancé une campagne visant à «démanteler» cette cour des Nations unies.

Mardi dernier, l’administration américaine a accueilli le ministre russe des Finances, Anton Silouanov, lors d’une réunion des ministres des Finances du G20.

«Cela a suscité beaucoup de malaise autour de la table, non seulement de la part du Canada, mais je dirais aussi de la part d’un certain nombre de collègues présents», a déclaré ce jour-là le ministre des Finances, François-Philippe Champagne.

Donald Trump a expliqué que son gouvernement avait invité la Russie parce que les États-Unis aiment «s’entendre avec tout le monde».

Auparavant, les États-Unis ont exclu l’Afrique du Sud de plusieurs événements du G20, Donald Trump estimant que ce pays mène un génocide contre les Blancs.

Mark Carney a précisé jeudi qu’il appartient au chef d’État américain de décider qui participera au sommet, ajoutant qu’il existe «des raisons tout à fait valables» d’exclure la Russie.

«L’attaque non provoquée de la Russie en 2014 est la raison pour laquelle elle a été exclue du G7», a-t-il rappelé.

Le premier ministre a ensuite laissé entendre, à tort, que la Russie ne faisait plus partie du G20. «Les nouvelles attaques survenues il y a près de cinq ans maintenant expliquent pourquoi elle a été exclue du G20.»

Dans une déclaration transmise à La Presse Canadienne, l’ambassadeur russe Oleg Stepanov a souligné que la Russie était restée membre du G20 depuis sa création en 1999.

Vladimir Poutine a envoyé en son nom son ministre des Affaires étrangères aux récents sommets du G20. Bien que les délégués russes aient parfois quitté les réunions du G20 en raison de désaccords avec d’autres États, la Russie n’a pas quitté le groupe.

En mars 2014, les pays du G7 – le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, le Japon, l’Italie et la France – ont suspendu l’adhésion de la Russie à ce qui s’appelait alors le G8.

Près de trois ans plus tard, la Russie a annoncé qu’elle quittait définitivement le groupe.

M. Stepanov n’a pas présenté cette décision comme une exclusion de la Russie, mais plutôt comme un départ des sept autres pays du G8, une décision qui, selon lui, a été prise pour des «raisons politiques».

M. Stepanov a fait valoir que ce groupe n’avait pas le poids d’organisations telles que le G20, les BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghai.

«Le G7, en revanche, est depuis longtemps devenu un regroupement qui n’existe que sur le papier, maintenu en vie uniquement pour lui-même. Le prestige dont il a pu jouir autrefois n’a plus aucun poids dans les relations internationales actuelles», a écrit l’ambassadeur dans sa déclaration.

«Le G8 n’existe plus. Et c’est peut-être mieux ainsi. Nous n’avons aucun intérêt à le faire renaître.»

En 2014, le premier ministre de l’époque, Stephen Harper, avait suscité l’admiration des médias australiens lors d’un sommet du G20 à Brisbane, lorsqu’on l’avait entendu dire à Vladimir Poutine de «quitter l’Ukraine» — une formulation reprise jeudi par M. Carney.

La Russie avait alors affirmé que cet échange n’avait jamais eu lieu, tandis que le porte-parole de Stephen Harper avait rapporté que le premier ministre avait dit au président Poutine: «Je suppose que je vais vous serrer la main, mais je n’ai qu’une seule chose à vous dire: vous devez quitter l’Ukraine.»

Dylan Robertson

Dylan Robertson

Journaliste