Alors que les dirigeants du G7 se pressaient autour de la table avant un souper de travail lors de leur sommet annuel mardi, les caméras ont filmé le premier ministre Mark Carney en pleine conversation avec le président américain Donald Trump au sujet du commerce.
On voit M. Carney se pencher vers le président, assis, pour lui parler de l’entente conclue par le Canada avec la Chine, qui permettrait l’entrée d’un nombre limité de véhicules électriques chinois sur le territoire canadien.
Les microphones ont capté une partie de la conversation où les deux dirigeants semblent discuter du plafond fixé par le Canada, qui permettrait l’entrée de jusqu’à 49 000 voitures fabriquées en Chine au Canada par année.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Moins de 3% de notre marché, soit 49 000 autos», entend-on M. Carney dire à Trump, avant que la caméra ne fasse un panoramique vers une autre partie de la table des dirigeants.
«Un plafond», entend-on alors le premier ministre dire, lorsqu’il réapparaît à l’écran, tout en faisant un geste de la main pour indiquer un plafond.
Alors que le président américain hoche la tête avec attention, M. Carney ajoute : «Je pensais que ça vous plairait, en fait.»
Le président américain a alors répondu: «C’est bien, ça me plaît.»
Lors d’une visite en Chine en janvier, M. Carney a annoncé une entente selon laquelle le Canada réduirait son taux de droits de douane de 100% à 6,1% sur les véhicules électriques chinois et autoriserait l’entrée d’un certain nombre de ces véhicules sur le marché canadien.
En échange, la Chine a accepté de réduire les droits de douane sur des exportations agricoles et de fruits de mer clés — notamment en abaissant considérablement les droits sur les graines de canola canadiennes.
Les États-Unis continuent d’imposer des taxes élevées sur les véhicules électriques chinois.
Cependant, malgré des années de tensions, M. Carney a pris des mesures au cours de la dernière année pour redynamiser les relations avec la Chine dans le but de stimuler les échanges commerciaux, une initiative qui a suscité des critiques de la part de certains.
Dans une entrevue accordée à Bloomberg à Davos, en Suisse, en janvier — peu après que Carney eut conclu son entente sur les véhicules électriques avec la Chine —, le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a affirmé que le Canada «jouait avec un ensemble de règles qu’il n’avait pas vraiment bien pensées» en cherchant à redéfinir ses relations avec la superpuissance.
M. Lutnick a également laissé entendre que les négociations autour de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) pourraient être compromises si le Canada continuait à renforcer ses liens avec la Chine.
Selon M. Carney, les discussions commerciales entre lui-même et M. Trump en marge du sommet du G7 ne faisaient pas partie du plan initial.
S’adressant aux journalistes en Irlande dimanche, M. Carney avait été interrogé sur son intention d’aborder les questions commerciales avec le président américain.
«Je pense que les principales discussions sur le commerce auront lieu entre le ministre (du Commerce Canada-États-Unis) Dominic LeBlanc, notre négociatrice en chef Janet Charette, et leurs homologues, le représentant américain au Commerce Jamieson Greer et le secrétaire au Trésor américain Scott Bessant», avait-il répondu.
Selon des responsables canadiens, M. LeBlanc a rencontré M. Greer mardi à Évian, en France, où se tient le sommet.

