Le premier ministre Mark Carney annonce la tenue d’un nouveau Sommet canadien de l’investissement, qui réunira à Toronto cet automne des dirigeants d’entreprises et des entrepreneurs internationaux.
Le bureau du premier ministre indique que l’objectif du sommet est de mobiliser 1000 milliards $ d’investissements au cours des cinq prochaines années afin de faire avancer les projets de développement du pays.
Au cours de sa première année au pouvoir, M. Carney a effectué de nombreux déplacements à l’étranger, notamment pour convaincre des investisseurs et des entreprises d’investir au Canada.
Dans un communiqué, M. Carney a vanté les atouts du Canada.
«Le Canada possède ce que le monde veut. Nous sommes une superpuissance énergétique, nous avons la main-d’œuvre la plus qualifiée au monde et notre situation financière est robuste», a-t-il fait valoir.
«Le tout premier Sommet canadien de l’investissement misera sur ces avantages pour contribuer à attirer des milliards de dollars de nouveaux investissements au Canada.»
Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a déclaré lors d’une conférence de presse à Washington, D.C., que le Canada est bien placé pour attirer les investissements internationaux, surtout dans le secteur de l’énergie, compte tenu de l’incertitude qui pèse sur l’approvisionnement en raison de la guerre en Iran.
«Les investisseurs recherchent des destinations d’investissement qui offrent cette stabilité, cette prévisibilité et l’état de droit. Ce genre de message résonne très fort et très clairement aujourd’hui», a affirmé M. Champagne.
«D’une certaine manière, les investisseurs redécouvrent le Canada. Ils nous considèrent désormais comme une superpuissance énergétique. Le conflit au Moyen-Orient ne fait que souligner à quel point nous devons diversifier nos sources d’énergie.»
Le trafic de pétroliers est fortement limité dans le détroit d’Ormuz depuis fin février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes conjointes contre l’Iran, et que l’Iran a bloqué la plupart des transits dans ce passage reliant le golfe Persique au golfe d’Oman.
Environ un cinquième du pétrole mondial transitait par ce détroit avant le début du conflit. Sa fermeture a provoqué des perturbations majeures dans l’approvisionnement en carburant, notamment en Europe et en Asie.
Le ministre iranien des Affaires étrangères et le président américain Donald Trump ont tous deux déclaré vendredi que le détroit serait rouvert complètement pendant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël. M. Trump a également déclaré que les États-Unis continueraient son blocus des ports iraniens.
M. Champagne achève actuellement un voyage à Washington, où il a rencontré les ministres des Finances du G7 et du G20 ainsi que le Fonds monétaire international.
Le prix du pétrole a explosé en raison de la perturbation de l’approvisionnement provoquée par la guerre, mais les expéditions d’autres matières premières ont également été bloquées. M. Champagne a fait valoir que cette crise a montré comment le Canada peut être un fournisseur fiable d’engrais et d’hélium.
Avec ce sommet, M. Carney tentera de renverser la vapeur, alors que les investissements internationaux sont en baisse depuis plusieurs années au Canada.
Selon un rapport publié récemment par la Banque Royale du Canada (RBC), l’année 2025 a été la première depuis 2015 où le Canada a attiré plus de 100 milliards $ d’investissements directs étrangers.
Plus de 1000 milliards $ d’investissements étrangers ont quitté l’économie canadienne entre 2015 et 2024, ce que le rapport qualifie de «plus grand exode de capitaux de l’histoire du Canada».
Cependant, RBC souligne que le Canada pourrait attirer jusqu’à 1800 milliards $ au cours de la prochaine décennie si des progrès sont réalisés dans des secteurs clés.
Cela inclut la construction de nouveaux oléoducs et de terminaux de gaz naturel liquéfié, le développement de l’énergie nucléaire, hydroélectrique et renouvelable, ainsi que le renforcement de son rôle de fournisseur de minéraux essentiels.
La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a publié cette semaine un rapport soulignant les difficultés du secteur des petites entreprises au Canada. Elle a prévenu que, depuis six trimestres consécutifs, il y a plus de fermetures que d’ouvertures d’entreprises au pays.
Le sommet sera organisé par le gouvernement fédéral les 14 et 15 septembre, en partenariat avec l’Office d’investissement du régime de pensions du Canada et l’Office d’investissement des régimes de pensions du secteur public.
Cette annonce intervient alors que le Canada est confronté à des perturbations économiques persistantes en raison de la guerre en Iran, qui fait grimper les prix de l’essence, et des droits de douane imposés par les États-Unis.
Avec des informations de Katheryn Mannie à Toronto

