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Budget 2026-2027: qui se réjouit, qui reste sur sa faim?

Survol des réactions au budget 2026-2027.

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Budget 2026-2027: qui se réjouit, qui reste sur sa faim? L'opposition à Québec réagit au lendemain de l'annonce du budget du ministre des Finances Eric Girard.

Ce qui pourrait bien être le dernier budget du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), largement à la traine dans les plus récents sondages des intentions de vote, a été rendu public mercredi. Le premier ministre démissionnaire François Legault et le ministre des Finances Eric Girard ont voulu avant tout laisser les finances publiques «en ordre» afin de réduire le déficit qui devrait s’élever à 8,6 milliards de dollars au terme de l’actuel exercice financier.

On a donc évité les baisses d’impôt et les distributions de chèque de 500 $ pour faire face à l’importante hausse du coût de la vie. Malgré l’absence de dispositions pour alléger directement le fardeau fiscal des Québécois, plusieurs pourront profiter de mesures qui leur profiteront dès l’an prochain... alors que d’autres restent sur leur faim.

Christine Fréchette ou Bernard Drainville

Difficile de passer sous silence la réserve de 250 millions de dollars que pourront utiliser Christine Fréchette ou Bernard Drainville au terme de la course qui couronnera le prochain chef de la CAQ et par le fait même le futur premier ministre.

Cette somme, qui pourrait atteindre 1,3 G dans cinq ans si les troupes caquistes sont reconduites au pouvoir, permettra au prochain leader de faire des annonces un peu partout au Québec cet été. On pourra aussi définir les priorités du prochain chef qui effectuera des annonces à son image.

Un budget «plate» et qui «manque de vision»: le budget 2026 du Québec critiqué Par Mathieu Boivin | Aucun parti politique, mise à part la CAQ, n'est vraiment satisfait du budget déposé par le ministre des Finances mercredi. À gauche, au centre ou à droite, le ministre Eric Girard laisse tout le monde sur sa faim.

Les propriétaires d’immeubles ou de maisons

Malgré la «sobriété» du plus récent budget, les propriétaires pourront profiter de quelques mesures qui pourront aider leurs finances au cours de la prochaine année.

Les propriétaires qui ont dû essuyer des hausses salées de taxes foncières ces dernières années pourront au moins profiter d’un peu de répit: le gouvernement provincial a annoncé que la hausse annuelle de la taxe scolaire sera désormais plafonnée à 3%.

De plus, le gouvernement du Québec mise sur une bonification du programme LogisVert, qui offre des subventions aux propriétaires pour la mise en place de mesures écoénergétiques.

Petit coup de pouce pour le milieu culturel

Du côté de la culture, le gouvernement du Québec entend injecter 12,2 millions $ au cours des cinq prochaines années pour la production cinématographique ou télévisuelle québécoise aux nouvelles réalités en matière de diffusion et d’écoute.

Ainsi, «une production audiovisuelle ne sera plus contrainte de respecter un nombre minimal de minutes de contenu ou d’épisodes pour être admissible» aux assouplissements fiscaux.

Certaines entreprises médiatiques du Québec pourront également profiter d’un élargissement d’un crédit d’impôt, en vertu d’un ajout de 40,2 millions de dollars sur cinq ans afin d’aider, entre autres, la production de contenus d’informations originaux.

Les familles

Certaines familles pourront profiter dès cette année de la conversion de 5000 places de garde non subventionnées en places subventionnées à 9,65 $ par jour.

Quelques déceptions provenant du milieu des affaires

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) estime que le budget est «sans mesures fortes pour soutenir les PME», ne ciblant pas «les fondamentaux qui freinent leur croissance et l’augmentation de leur productivité».

«Si le gouvernement souhaite prioriser l’appui des entreprises, en particulier des PME, il doit s’attaquer à son régime fiscal injuste et à son système réglementaire et administratif handicapant. Ce budget est encore une occasion manquée», avance le vice-président pour le Québec à la FCEI, François Vincent.

La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) se montre également critique, ne s’attendant pas à «beaucoup d’impact sur les décisions d’investissement des entreprises».

«L’ajout de sommes d’argent dans différents programmes ciblés ne va ni alléger le fardeau fiscal trop élevé de nos entreprises, ni réduire la complexité bureaucratique pour avoir accès à ces sommes. (...) Une baisse du taux d’impôt serait beaucoup plus structurante, c’est donc un rendez-vous raté», a affirmé la présidente-directrice générale de la FCCQ, Véronique Proulx.

Budget du Québec 2026: le manque d'investissement en solidarité sociale dénoncé Le ministre des Finances Eric Girard a déposé son budget provincial mercredi et, pendant la journée, la Coalition pour les droits des personnes assistées sociales a tenu une rencontre pour dénoncer le manque d'investissement en solidarité sociale, car le gouvernement ne prévoit pas recevoir de gros montants pour la prochaine année.

Des mesures insuffisantes pour répondre à la crise du logement

Malgré l’annonce de la construction future de 1000 logements abordables, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) estime que le dernier budget ne permettra pas de répondre durablement aux défis de logement.

«Il est clair qu’avec 209 millions $ sur 3 ans pour la construction de nouveaux logements abordables et 90 millions $ pour prévenir l’itinérance et aider les personnes en situation d’itinérance sur un budget de dépenses de 134 milliards $, les crises sociales que sont celles du logement cher et de l’itinérance ne sont pas des priorités du gouvernement, même si le budget affirme être centré sur les priorités des Québécois», a écrit Véronique Laflamme, porte-parole de l’organisme.

Des syndicats déçus

La Fédération des travailleurs et des travailleuses (FTQ) a déploré «l’absence de vision structurante pour soutenir les travailleurs et travailleuses dans un contexte de turbulences économiques».

«On tient compte que très partiellement de l’augmentation des inégalités sociales, de la crise de l’habitation, de l’incertitude économique actuelle ou encore de l’urgence de lutter contre les changements climatiques, a réagi la présidente de la FTQ, Magali Picard. Il s’agit d’une autre illustration de la déconnexion de la CAQ par rapport aux attentes et aux besoins de la population québécoise.»

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) juge de son côté que «les hausses et mesures annoncées ne prennent pas en compte les besoins réels et tangibles en éducation et ne permettront même pas au minimum de maintenir les services actuels».

Avec la collaboration de la Presse canadienne et d’Émilie Clavel, Noovo Info