Politique

Boissons énergisantes: le combat des parents du jeune de 15 ans décédé

Mis à jour le 

Publié le 

Boissons énergisantes: le combat des parents du jeune de 15 ans décédé Les parents de Zachary Miron, ce jeune de 15 ans qui est décédé après avoir bu une canette de Red Bull, sont sortis mercredi satisfaits d’une rencontre avec la ministre de la Santé et des Services sociaux, Sonia Bélanger.

Les parents de Zachary Miron, ce jeune de 15 ans qui est décédé après avoir bu une canette de Red Bull, sont sortis mercredi satisfaits d’une rencontre avec la ministre de la Santé et des Services sociaux, Sonia Bélanger.

«Ça a été productif, on est contents de la rencontre qu’on a eue avec elle, mais là, on s’attend à des actions», a résumé Veronica Martinez, qui était accompagnée de son conjoint, David Miron, et du député de Québec solidaire Guillaume Cliche-Rivard.

«On a senti une très bonne ouverture de la part de la ministre Bélanger. On a beaucoup espoir en elle, on a beaucoup espoir que notre cause aboutisse», a ajouté M. Miron.

Zachary Miron est décédé à l’hiver 2024 alors qu’il était en ski à Morin Heights, dans les Laurentides, avec sa classe. Le mélange entre son médicament pour le TDAH et la boisson énergisante a causé une arythmie qui a entraîné sa mort subite.

Depuis, ses parents mènent un combat pour faire interdire la vente de ces boissons aux moins de 18 ans, sinon aux moins de 16 ans. Leur pétition a déjà récolté près de 15 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale.

«Si nous sommes ici, ma conjointe et moi, aujourd’hui, c’est pour donner un sens à la mort de notre garçon Zachary. On veut transformer ce qui nous est arrivé en projet, parce qu’il semble qu’on vit une crise de santé publique», a déclaré David Miron.

Selon lui, de plus en plus d’adolescents consomment des boissons énergisantes, qui sont «sexys», «colorées» et «abordables» et qu’on retrouve d’ailleurs à peu près dans tous les types de commerces, du dépanneur à la quincaillerie, en passant par la pharmacie.

Les prêts-à-boire bientôt dans les épicerie et dépanneurs Par Lili Mercure | Les prêts-à-boire à base de spiritueux devraient faire leur entrée dans les épiceries et les dépanneurs d’ici cet été. Une nouvelle réglementation de Québec permettrait de développer un marché évalué à 50 millions $. Les fabricants de ces boissons se réjouissent et espèrent que les produits québécois seront mis de l'avant.

«Les jeunes sont vraiment en danger avec ce genre d’accès facile à ces boissons-là», a insisté Mme Martinez, soulignant que Zachary était en «parfaite santé» au moment de sa mort. «Si ça peut arriver à un garçon comme ça, je veux dire, personne n’est en sécurité», tranche-t-elle.

Veronica Martinez est la mère de Zachary Miron, décédé en 2024 après avoir consommé une boisson énergisante. Elle a tenu une conférence de presse le 1er avril 2026 à l'Assemblée nationale avec son conjoint, David Miron, et le député de Québec solidai... Veronica Martinez est la mère de Zachary Miron, décédé en 2024 après avoir consommé une boisson énergisante. Elle a tenu une conférence de presse le 1er avril 2026 à l'Assemblée nationale avec son conjoint, David Miron, et le député de Québec solidaire Guillaume Cliche-Rivard. (Jacques Boissinot/La Presse Canadienne)

En outre, le couple déplore que les médecins et les pharmaciens ne fassent généralement pas de mises en garde aux jeunes à qui ils donnent notamment des psychostimulants pour réguler le TDAH.

«On a encore du temps, mais on va que ça se passe vite. On s’attend à des actions concrètes. On ne va pas lâcher, on va continuer à se mobiliser», a ajouté Mme Martinez. «C’est un produit banalisé qui peut causer la mort d’un enfant, ça ne devrait pas être en vente libre.»

«J’ai senti véritablement une volonté de la ministre Bélanger de bouger», a relaté pour sa part M. Cliche-Rivard, disant avoir bon espoir que la ministre lance un mandat d’initiative qui permettrait d’entendre pendant une journée ou deux différents intervenants.

«La recommandation pourrait être qu’on adopte un projet de loi. (...) On pourrait adopter ce qui s’appellera peut-être le projet de loi Zachary Miron. Ça pourra faire une différence. (...) Tout ça, pour moi, c’est possible», a-t-il dit.

«Ce que David et Veronica me disent, c’est que les paroles, c’est le “fun”, (...) mais eux autres, ils veulent sauver la prochaine vie.»

«Il faut qu’on fasse quelque chose», reconnaît Bélanger

Interpellée dans les corridors de l’Assemblée nationale au sortir de la rencontre, Mme Bélanger a laissé entendre qu’elle poserait des gestes concrets d’ici la fin de la session parlementaire prévue le 12 juin.

Elle s’est dite ouverte à la possibilité d’interdire les boissons énergisantes aux mineurs.

«On va enclencher des travaux, a-t-elle déclaré. Je rencontre notamment l’association des pharmaciens dans quelques jours à ce sujet-là et je travaille avec la directrice nationale de la santé publique, la Dre Caroline Quach Thanh.

«On va faire le maximum pour avoir un ensemble d’actions. Au niveau législatif, on a des discussions à avoir. (...) On va examiner, vraiment, cet élément d’interdire carrément les boissons énergisantes aux moins de 16 ans, et même aux moins de 18 ans.

«Actuellement, il y a comme deux courants, les 16 ans, les 18 ans. Je vais examiner ça. Sur l’âge, je suis certaine qu’il faut qu’on fasse quelque chose, mais on aura le temps d’y revenir», a-t-elle expliqué.

«On ne lâchera pas, a assuré de son côté M. Miron. On a l’appui du public. (...) Il y a déjà eu un sondage qui mettait en avant-plan que 77 % de la population était pour la législation de ces produits-là. On a la société de notre côté.»

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste