Bernard Drainville a annoncé officiellement sa candidature à la chefferie de la Coalition avenir Québec (CAQ) lors d’une conférence de presse tenue ce dimanche dans un restaurant de Lévis, la circonscription dont il est député depuis l’élection de 2022.
«Une course à la chefferie, c’est intense, c’est un beau défi», a-t-il lancé d’entrée de jeu devant ses militants.
Le candidat à la chefferie a mentionné qu’il a choisi de se lancer, car le Québec «a besoin d’une voix nationaliste».
La famille et l’immigration figurent parmi les thèmes centraux de son discours, qu’il a décrits comme des enjeux majeurs pour l’avenir du Québec.
Pendant son discours, l’ancien ministre de l’Environnement a reconnu que les Québécois n’avait plus confiance en la CAQ depuis plusieurs années.
«Je ne suis pas entré dans la course pour dire “continuons”. Je vais être le candidat du changement. Et oui, je serai le candidat du vrai monde», a-t-il soutenu sous les applaudissements.
Troisième lien, économie et immigration
Dessinant les grandes lignes de sa campagne, M. Drainville a évoqué la question de l’immigration, soutenant qu’il «faut mettre de l’ordre là-dedans».
S’il est élu chef et devient premier ministre, il compte donner un droit acquis à des travailleurs immigrants, mais sous certaines conditions.
«Je vous le dis tout de suite, ce n’est pas tout le monde qui va l’avoir, c’est impossible. On parlerait de centaines de milliers de personnes qui auraient un droit acquis», a-t-il mentionné.
Ainsi, les travailleurs qui sont au Québec depuis au moins deux ans, qui parlent un français de niveau intermédiaire et qui sont intégrés dans des domaines jugés prioritaires, comme la santé, l’éducation, la construction ou encore le manufacturier spécialisé, pourraient bénéficier de ce droit acquis.
«Pour chaque travailleur étranger qui obtient un droit acquis, on va réduire d’autant le nombre de travailleurs étrangers temporaires à l’avenir», a ajouté le candidat.
Député de Lévis, il n’a pas oublié d’aborder le troisième lien, qui est important à ses yeux pour assurer la sécurité économique de la région.
L’économie est d’ailleurs l’un des grands thèmes de sa course. L’ex-ministre a affirmé que la CAQ sous sa direction resterait «le parti de l’économie» et qu’elle soutiendra les entreprises et les entrepreneurs d’ici.
Bernard Drainville veut également remettre la famille au cœur de la politique et propose de remettre de l’argent dans le portefeuille des familles de la classe moyenne.
«La famille, c’est ma valeur première, c’est aussi ma plus grande fierté», a-t-il rappelé sous les yeux de ses proches.
M. Drainville a par ailleurs profité de son discours pour envoyer une pique envers les syndicats, les accusant d’être déconnectés de leur base et d’être devenus «une force de blocage».
Jusqu’à présent, sa seule adversaire déclarée est Christine Fréchette, qui s’est lancée dans la course lors d’un rassemblement tenu dimanche dernier à Trois-Rivières.
Les deux potentiels successeurs à François Legault ont accumulé plusieurs appuis au cours de la semaine écoulée.
M. Drainville est notamment soutenu par le ministre Samuel Poulin et les députés Louis Lemieux, Luc Provençal, Shirley Dorismond, Yannick Gagnon, Kariane Bourassa, Suzanne Blais, Isabelle Lecours et Marilyne Picard.
Il a également reçu l’appui de Régine Laurent, qui a dû quitter son poste au conseil d’administration de Santé Québec après cette déclaration de soutien, qui contrevenait au Code de déontologie des administrateurs de l’agence.
Mme Fréchette engrange toutefois les marques de soutien, distançant de plus en plus son adversaire. L’ancienne ministre de l’Économie a pratiquement l’appui de la moitié du cabinet.
Christine Fréchette a d’ailleurs reçu dimanche matin l’appui du ministre des Relations internationales, Christopher Skeete.
Bernard Drainville est toutefois loin d’être inquiet des soutiens apportés à sa concurrente.
«Je ne vais pas me mettre en petite boule dans un coin parce que j’ai moins de députés», a-t-il indiqué.
«Je vais faire une course tambour battant, on va mettre de l’avant des idées, puis à la fin, j’ose croire que ce sont les idées et la volonté de les mettre en œuvre qui vont prévaloir», a ajouté le candidat.
«Je ne lâcherai pas», a-t-il fait savoir.
— Avec des informations de Patrice Bergeron pour La Presse canadienne

