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Course à la chefferie de la CAQ: premières turbulences pour Drainville et Fréchette

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La candidate à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) Christine Fréchette s'adresse aux médias à Trois-Rivières le mardi 27 janvier 2026. La candidate à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) Christine Fréchette s'adresse aux médias à Trois-Rivières le mardi 27 janvier 2026. (Christinne Muschi)

La course à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) a fait sa première victime.

Régine Laurent, qui a appuyé publiquement le candidat Bernard Drainville, contrevenant ainsi au Code de déontologie des administrateurs de Santé Québec, a quitté son poste au conseil d’administration de cette agence, a-t-on appris de source sûre.  

Mardi, en conférence de presse au côté de M. Drainville, elle avait dit qu’elle avait fait les vérifications nécessaires avant de l’appuyer publiquement.

Mais Santé Québec avait peu après rappelé qu’«un administrateur doit, dans l’exercice de ses fonctions, prendre des décisions et formuler des recommandations indépendamment de toute considération politique partisane. Il doit, de plus, faire preuve de réserve dans la communication publique de ses opinions politiques».

Mercredi, le Parti libéral avait demandé la démission de Mme Laurent et lors d’une mêlée de presse, en marge du caucus de la CAQ, M. Drainville a qualifié cette controverse de «procédures internes» et a balayé les questions soulevant des réserves. 

«Régine Laurent a décidé de prendre la parole comme citoyenne et elle a beaucoup fait, notamment au niveau des soins de santé, a souligné M. Drainville. C’est un appui dont je suis fier. C’est une femme qui est libre.»

De son côté, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, avait refusé d’intervenir.

«Si un administrateur se positionne envers un candidat, je ne me positionnerai pas là-dessus. Le conseil d’administration a son rôle. Ils sont capables de se gouverner. Les rappels ont été faits.»

Fréchette et la constitution

Les aspirants à la succession de François Legault ont ainsi dû faire face à leurs premières turbulences mercredi, car de son côté, l’autre prétendante Christine Fréchette a eu droit à un avertissement sur la ligne de parti.

Elle a soulevé des doutes sur un élément controversé du projet de constitution québécoise de son gouvernement, portant sur l’avortement. En réaction, le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, a rappelé que tout le gouvernement avait «approuvé le projet de loi».

Plus tôt en matinée, Mme Fréchette avait effectué une sortie qui devait être toute féministe, entourée de trois nouveaux appuis, les ministres Pascale Déry et Amélie Dionne ainsi que la députée Catherine Blouin. 

Mais elle a été amenée sur un terrain glissant, où son gouvernement croise le fer actuellement avec des groupes féministes. 

En effet, le projet de constitution québécoise déposé par le ministre Simon Jolin-Barrette enchâsse le droit à l’avortement, pour mieux le protéger, plaide-t-on. 

Par contre, de nombreux groupes ont fait valoir qu’il serait ainsi plus facile à contester en cour, alors qu’actuellement, il est déjà protégé par de nombreuses décisions des tribunaux, dont la Cour suprême.

Questionnée à savoir si elle appuyait cet aspect du projet de loi, Mme Fréchette a dit qu’elle voulait attendre le résultat des consultations et de la commission parlementaire qui étudie le projet.

Mais elle a laissé entendre que certains «éléments» du projet de loi pourraient être «réorientés» et «réaiguillés», a confirmé sa porte-parole. 

En conférence de presse, le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, qui pilote ce projet de loi, a remis les pendules à l’heure: le gouvernement est derrière ce projet de loi et Mme Fréchette, qui était alors ministre de l’Économie et de l’Énergie avant la course, en faisait partie. 

«Je vais entendre les groupes et je vais me gouverner en conséquence, je prendrai les décisions. Chose sûre, le gouvernement a approuvé et déposé le projet de loi.» 

Avantage Fréchette

Dans la course qui est déjà bien lancée, Mme Fréchette jouit d’une forte avance au sein du caucus caquiste. 

Elle a recueilli jusqu’à maintenant les appuis de neuf ministres: Pascale Déry, Jean-François Roberge, Gilles Bélanger, Kateri Champagne-Jourdain, Benoit Charette, Mathieu Lacombe, Ian Lafrenière, Amélie Dionne et Chantal Rouleau.

À cela s’ajoutent 10 députés qui ne sont pas ministres, soit Catherine Blouin (Bonaventure), Céline Haytayan (Laval-des-Rapides), Audrey Bogemans (Iberville), Chantal Jeannotte (Labelle), Vincent Caron (Portneuf), Karine Boivin Roy (Anjou-Louis-Riel), François St-Louis (Joliette), Valérie Schmaltz (Vimont), Mario Laframboise (Blainville) et Marie-Louise Tardif (Laviolette).

M. Drainville récolte pour sa part neuf appuis: le ministre Samuel Poulin, les députés Louis-Lemieux (Saint-Jean), Luc Provençal (Beauce-Nord), Shirley Dorismond (Marie-Victorin), Yannick Gagnon (Jonquière), Kariane Bourassa (Charlevoix-Côte-de-Beaupré), Suzanne Blais (Abitibi-Ouest), Isabelle Lecours (Lotbinière) et Marilyne Picard (Soulanges).

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste