Sanair, l’un des circuits de course les plus emblématiques au Québec, pourrait devoir cesser ses activités. Le conseil de ville de Saint-Pie, en Montérégie, a entériné mardi soir un règlement imposant une réserve du terrain.
Les élus de la municipalité auraient l’intention d’y construire notamment une école secondaire «afin de répondre aux besoins futurs de la population».
Une décision qui suscite beaucoup de colère des amateurs de course automobile.
L’animateur radio et pilote amateur, Dany «Babu» Bernier, a d’ailleurs partager son mécontentement sur les réseaux sociaux invitant plusieurs citoyens à se rendre au conseil de ville pour défendre l’importance de la piste de course.
«On ne s’attendait à rien de tout ça. Ils ont voulu nous passer ça sous le nez facilement. J’ai embarqué sur les médias sociaux pis c’est parti, je pense que j’ai eu 500 000 vues sur Facebook. J’ai été surpris quand on est arrivés à l’hôtel de ville, il devait avoir 250, 300 personnes déjà», raconte l’animateur radio au micro de Noovo Info.
Kevin Leduc, vice-président de la Fondation Sanair, a lui aussi été surpris par l’annonce de la Ville.
«On a vu hier matin comme quoi la Ville avait une réunion le 4 août sur certains lots. On a fait nos recherches et c’était tous les lots de Sanair seulement», dit-il.
«C’est sûr qu’on est inquiets parce qu’on a des risques de perdre notre maison. Pour plusieurs, c’est une partie de leur vie qu’ils perdraient», ajoute-t-il.

L’avis de réserve serait d’une durée de deux ans pour permettre des négociations avec le propriétaire de la piste de course, qui demeure propriétaire de l’immeuble.
La Ville soutient qu’il ne s’agit pas d’une expropriation, mais plutôt d’un règlement visant à protéger temporairement un terrain le temps «d’évaluer les différents scénarios».
Bernard Godin, pilote automobile, rappelle que le circuit de course Sanair a été construit pour donner un endroit à tous ceux qui ont besoin d’«assouvir leur passion de la course automobile en toute sécurité». Il mentionne d’ailleurs qu’il s’agit ici d’une question de sécurité publique.
«Ma première voiture, je l’ai eu neuf jours parce que j’ai eu une sortie de route. J’ai été vraiment miraculé. Je faisais de la haute vitesse et ce n’était pas l’endroit pour le faire. Après ça, quand j’ai découvert des circuits comme Sanair, là je me suis dit que j’étais con de faire ça sur la route», raconte M. Gondin.
Notons que la piste, qui date des années 1969 n’accueille plus de course automobile. Malgré tout, Alex Tagliani, également pilote automobile, croit que le circuit ne devrait pas être détruit.
«Il y a certaines pistes qui font partie intégrante de la course automobile au Québec et ça, on ne peut pas se permettre de les perdre», dit-il.
Présentement, le circuit Sanair sert de lieu de formation pour les différents corps policiers de partout au Québec. Les policiers de Lévis, Laval, Longueuil, Québec, Deux-Montagnes viennent rouler sur la piste.

«On a la SQ qui est implantée pour plusieurs centaines de journées sur le circuit et le cégep de Saint-Hyacinthe avec les ambulances. Donc, on donne déjà des formations et on a de la conduite hivernale aussi», explique M. Leduc.
Joint par courriel et téléphone, le cabinet du maire de Saint-Pie, Mario St-Pierre, n’a pas retourné notre demande d’entrevue.
Des négociations et des analyses seront effectuées au cours des prochains mois.
Voyez le reportage de Marika Simard dans la vidéo.


