Le premier ministre Mark Carney insiste sur le fait que le Canada ne cherche pas à conclure un accord de libre-échange avec la Chine, juste un jour après que le président américain Donald Trump ait menacé d’imposer des droits de douane de 100 % sur les produits canadiens si le Canada poursuivait dans cette voie.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Nous n’avons aucune intention de faire cela avec la Chine ou toute autre économie non marchande», a déclaré M. Carney aux journalistes avant une réunion du caucus libéral à Ottawa dimanche. «Ce que nous avons fait avec la Chine, c’est rectifier certains problèmes qui se sont développés au cours des deux dernières années.»
Lorsqu’on lui a demandé s’il avait parlé à M. Trump depuis sa dernière menace, M. Carney n’a pas voulu répondre.
Les propos du premier ministre font écho à une déclaration similaire faite samedi par le ministre canadien du Commerce, Dominic LeBlanc.
«Il n’y a pas de poursuite d’un accord de libre-échange avec la Chine. Ce qui a été réalisé, c’est une résolution sur plusieurs questions tarifaires importantes», a écrit M. LeBlanc dans un communiqué publié sur X.
S’adressant aux journalistes, M. Carney a également fait référence à une clause spéciale de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) qui vise à empêcher les pays membres de conclure des accords de libre-échange avec des « économies non marchandes » comme la Chine.
Tôt samedi matin, Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 100 % sur les produits canadiens si le Canada «concluait un accord avec la Chine» et s’en est pris à Carney, l’appelant pour la première fois «gouverneur».
Dans un autre message publié plus tard, Trump a semblé assouplir sa position, écrivant: «La dernière chose dont le monde a besoin, c’est que la Chine prenne le contrôle du Canada. Cela n’arrivera PAS, et ne sera même pas près d’arriver.»
Le Canada et les États-Unis sont en proie à une guerre commerciale depuis près d’un an, depuis que Trump a imposé pour la première fois des droits de douane élevés sur les importations canadiennes, et les négociations visant à mettre à jour l’ACEUM sont déjà prévues pour cette année.
Mark Carney, quant à lui, a terminé la semaine dernière un voyage en Chine, où il a rencontré le président Xi Jinping. Il s’agissait de la première visite d’un premier ministre canadien dans ce pays asiatique depuis huit ans.
Au cours de ce voyage, Carney a annoncé que Pékin allait réduire les droits de douane sur les graines de canola de 84 % à 15 % d’ici le 1er mars, et que la farine de canola, les homards, les crabes et les pois canadiens ne seraient plus soumis aux droits de douane «anti-discrimination» chinois à partir de mars et jusqu’à au moins la fin de l’année.
En contrepartie, jusqu’à 49 000 véhicules électriques chinois seront autorisés à entrer sur le marché canadien chaque année à un tarif de 6,1 % au lieu du tarif actuel de 100 %.
- Avec des informations de Spencer Van Dyk et Rachel Hanes pour CTV News.

