Projets de loi ou pas, «rien ne va museler la FTQ», prévient la présidente de la FTQ, Magali Picard.
Au cours de sa traditionnelle conférence de presse du début d’année, jeudi à Montréal, la présidente de la plus grande centrale syndicale du Québec a ainsi fait référence au projet de loi du ministre du Travail, Jean Boulet, qui établit le principe de cotisations syndicales facultatives, lorsqu’un syndicat voudra contester une loi ou faire une campagne publicitaire, plutôt que de se limiter à négocier des conventions collectives et défendre ses membres.
«Rien ne va museler la FTQ. Aucun projet de loi ne va nous empêcher de faire notre travail, qui est celui d’amener une paix sociale, de négocier, de s’assurer qu’on soit dans une société égalitaire, où on ne laisse personne derrière», a lancé la présidente de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.
Mme Picard a prévenu qu’en cette année électorale au Québec, la FTQ sera présente à toutes les tribunes et acceptera toutes les invitations qu’elle recevra, malgré ce projet de loi.
«On va être sur toutes les plateformes. On s’assurera également de faire partie de tous les partis politiques qui nous inviteront dans leur congrès.»
La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec ne prend plus position en faveur d’un parti politique, en invitant ses membres à l’appuyer, comme elle l’a déjà fait dans le passé, a-t-elle rappelé.
Néanmoins, cela ne l’empêchera pas de faire valoir son point de vue sur les projets de loi qui concernent les travailleurs, les questions d’intérêt public, comme l’inflation, la crise du logement, l’immigration, les droits de douane, les services publics.
Mme Picard a précisé que la FTQ sera notamment présente au congrès du Parti québécois, à la fin du mois de janvier, puisqu’elle vient d’y être invitée. Et elle acceptera les autres invitations des partis politiques, si elle en reçoit d’autres.
La FTQ, comme cinq autres organisations syndicales, a déjà déposé une requête, en Cour supérieure, pour contester une autre loi du gouvernement Legault, celle qui établit des services minimaux devant assurer «le bien-être de la population» en cas de conflit de travail, et qui accorde un large pouvoir discrétionnaire au ministre du Travail en cas de grève ou lock-out.
La présidente de la centrale syndicale de 600 000 membres croit que «l’année 2025 a été catastrophique» et espère plus de dialogue social et moins de tensions entre le gouvernement du Québec et les organisations syndicales.
Les travailleurs ont d’ailleurs été plusieurs dizaines de milliers à manifester dans les rues de Montréal, le 29 novembre dernier, pour marquer leur désaccord avec certaines politiques gouvernementales.
Elle rappelle que des milliers de travailleurs sont inquiets pour leur emploi dans les domaines manufacturier, de l’acier, du bois, notamment, à cause des droits de douane américains. Et des milliers de famille sont préoccupées par le coût du panier d’épicerie, le coût du logement ou des maisons. Là sont les priorités des citoyens, affirme la dirigeante syndicale.

