Amnistie internationale Canada francophone (AICF) s’inquiète du comportement de plusieurs personnes liées au Parti québécois (PQ) qui auraient commis du harcèlement à l’endroit d’une psychiatre.
Selon l’organisation non gouvernementale (ONG), des militants du PQ auraient usé de tactiques d’intimidation orchestrée à l’endroit de la Dre Marie-Ève Cotton, qui a tenu des propos qui allaient à l’encontre du chef de la formation politique Paul St-Pierre Plamondon ou sur «certaines positions sur le genre ou de l’orientation du parti».
On allègue qu’au moins cinq personnes qui sont associées de «près ou de loin» au PQ ont déposé des plaintes sur une période de deux ans après que la Dre Cotton ait émis des opinions contraires aux idées du parti.
«En ce qui concerne le cas de la Dre Cotton, nous trouvons préoccupant de constater qu’une tactique d’intimidation semble avoir été mise en place par un parti aux portes du pouvoir. Les critiques envers les membres de la classe politique doivent pouvoir être formulées sans crainte de représailles», a dit France-Isabelle Langlois, directrice générale d’AICF.
Le 17 septembre dernier, le Devoir rapportait que deux candidats ainsi que la direction du PQ avaient déposé des plaintes contre la Dre Cotton auprès du Collège des médecins. On reprochait entre autres d’avoir associé M. St-Pierre Plamondon au président américain Donald Trump en plus de lier certaines positions de la formation souverainiste à celle de l’extrême droite.
La demande a été rejetée par le Collège des médecins qui n’y a vu aucun manquement déontologique.
L’ONG souligne que la Dre Cotton a été «ciblée» en raison des propos qu’elle a publiés sur le réseau Facebook.
«Après analyse, Amnistie international Canada francophone conclut que les droits à la liberté d’expression, à la liberté académique et de défendre les droits humains de la Dre Marie-Ève Cotton ont été bafoués», indique Amnistie Internationale.
Amnistie internationale indique que les tactiques qu’on attribue au PQ s’observent «partout à travers le monde, et de plus en plus au sein des États dits démocratiques, en Europe comme ailleurs dans les Amériques, dont les États-Unis».
L’ONG a fait plusieurs recommandations au PQ.
La Dre Cotton affirme qu’elle n’est pas la seule
La principale intéressée a remercié Aministie internantionale «pour leur écoute, leur humanisme et pour avoir fait en sorte que les ressources juridiques du Secrétariat d’Amnesty International s’impliquent» dans cette affaire.
Elle affirme dans un message sur les réseaux sociaux qu’elle n’est «pas seule» dans cette situation et qu’on lui a fait «bien des confidences en privé». «Je souhaite moi aussi que la parole se libère à ce sujet, pour le bien de notre démocratie et de nos droits humains. L’autoritarisme est partout dans l’actualité internationale et américaine, sachons le reconnaître même quand il porte les habits familiers des gens bien de chez nous», a-t-elle dit.
Interrogé à ce sujet, le député de Québec solidaire (QS), Sol Zanetti, a indiqué en point presse qu’on allait laisser laisser le PQ «gérer son unité interne».
Pour lui, QS a un «discours positif» sur l’immigration. «On trouve que c’est important. On était au diapason des régions du Québec qui se sont soulevées [...] contre l’abolition du Programme de l’expérience québécoise», a souligné M. Zanetti.
Au moment d’écrire ces lignes, M. St-Pierre Plamondon n’a pas réagi à la sortie de l’ONG. La direction du PQ non plus.
Les chefs des partis se préparent à s’affronter à nouveau ce soir à l’occasion du dernier débat qui aura lieu en soirée et sera diffusé sur les ondes de Radio-Canada.

