Politique

Alliance Canada-Europe: Milliard ne réclame pas de statut particulier pour le Québec

Selon M. Milliard, Mme Fréchette s’est «bousculée à dire que ça prend un statut particulier» dans le contexte de la campagne électorale.

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Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, lors d'un point de presse à Montréal, le 16 septembre 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Le chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, lors d'un point de presse à Montréal, le 16 septembre 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Christopher Katsarov)

Contrairement à deux de ses rivaux, le chef libéral Charles Milliard ne réclame pas de statut particulier pour le Québec dans la nouvelle alliance Canada-Union européenne (UE).

Jeudi, le Canada et l’UE ont annoncé leur intention de forger un partenariat afin de faire face à la tempête déclenchée par l’administration Trump aux États-Unis.

La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), Christine Fréchette, a tout de suite réclamé un «statut particulier» pour le Québec.

Elle demande «une place formelle à la table et une participation directe aux discussions qui touchent nos compétences (et) nos intérêts».

«Le Québec occupe déjà une place distincte à l’OIF et à l’UNESCO. Nous devons obtenir une reconnaissance comparable dans ce nouveau partenariat», a-t-elle exigé sur X.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a réclamé la même chose, tout en émettant quelques bémols sur le rapprochement du Canada et de l’UE.

Il a notamment noté que le traité de libre-échange conclu avec l’Europe en 2016 représente encore «un gros déficit commercial pour le Québec».

«C’est sûr que le Québec mérite sa place autour de la table, (mais) je ne sais pas si c’est un statut particulier», a déclaré M. Milliard sur les ondes de Radio X, vendredi matin.

Il s’en est pris à Mme Fréchette, qui s’est «bousculée à dire que ça prend un statut particulier» dans le contexte de la campagne électorale, selon lui.

«Je trouve que c’était un peu un coup politique de sa part de dire ça», a-t-il déclaré.

«Mme Fréchette veut faire des gains politiques là-dessus», a-t-il renchéri plus tard en point de presse au Parc de l’Amérique-Latine, à Québec.

«Écoutez, M. Carney fait un discours à Strasbourg, et une demi-heure plus tard, on nous dit: “On veut ci, on veut ça”. On n’a même pas vu c’est quoi les contours de ça!»

«Ce que je reproche à Mme Fréchette, c’est de dire: “On veut tout de suite avoir un siège”, alors qu’on ne sait même pas ce sera quel genre de table.»

«Voilà, c’est le style de Mme Fréchette, puis les Québécois jugeront ça», a-t-il conclu. Pour sa part, il estime qu’on ne peut que «saluer» l’entente Canada-UE à ce stade-ci.

Le PLQ créerait une nouvelle agence du numérique

M. Milliard a profité de son passage à Québec, vendredi, pour annoncer son plan en matière de gestion de la transformation numérique.

Il a dénoncé les nombreux dépassements de coûts dans les projets informatiques au Québec, notamment les fiascos SAAQclic et SIFA.

Pour redresser la situation, le Parti libéral du Québec (PLQ) propose de créer une nouvelle agence, l’Agence numérique Québec, au coût de 50 millions $ par année.

Cette agence, qui regrouperait les meilleurs talents, développerait une expertise interne et s’occuperait de la mise en œuvre de la transition numérique gouvernementale.

«Ce sera une équipe publique, agile et spécialisée, capable de construire des outils numériques plutôt que de toujours payer des firmes externes pour le faire», a expliqué M. Milliard.

«Le ministère de la Cybersécurité et du Numérique va gouverner, l’agence va livrer», a-t-il résumé.

Cette dernière offrirait «des conditions de travail concurrentielles» afin d’attirer les meilleurs informaticiens, qui seraient donc mieux rémunérés.

Le chef libéral se défend d’ajouter une nouvelle couche de bureaucratie, préférant parler d’un «geste nationaliste fort» qui permettra à terme d’économiser 500 millions $, selon lui.

S’il prend le pouvoir le 5 octobre, il déposera en outre une loi-cadre sur le développement et le déploiement de l’intelligence artificielle.

L’ancien libéral Gilles Lehouillier appuie Duhaime

De chaudes luttes sont à prévoir dans plusieurs comtés de la grande région de Québec.

Que pense Charles Milliard de la décision de l’ex-maire de Lévis et ancien député libéral Gilles Lehouillier de mettre tout son poids pour aider les conservateurs d’Éric Duhaime?

«Je ne suis pas déçu. Écoutez, les campagnes politiques, il y a toujours de l’action. Moi, j’ai recruté l’ancien président du Parti conservateur du Québec (...) dans Terrebonne.

«Je doute, par contre, que M. Lehouillier ait pris connaissance complètement du cadre financier du Parti conservateur. Il ne tient aucunement la route», a-t-il réagi.

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste