Le Québec doit s’assurer de maintenir la qualité de ses services publics, sinon il risque de provoquer des manifestations comme en France, a prévenu mardi Ruba Ghazal.
La cheffe parlementaire de Québec solidaire (QS) s’est engagée à défendre le «modèle québécois» dans un Parlement qui tire vers la droite et qui prône l’«austérité», selon elle.
Elle a rappelé qu’en France, «un toit est tombé sur un enfant pendant qu’il étudiait». «Ce n’est pas normal», s’est-elle indignée, disant comprendre le soulèvement populaire.
Mme Ghazal met en garde le nouveau gouvernement du Parti québécois (PQ): «Ça doit nous alerter. (...) Pour prévenir les violences dans notre société, il faut investir.»
Devant ses députés fraîchement assermentés mardi, elle a déclaré que QS allait continuer de se battre pour le «bien commun», et non pour le «chacun pour soi».
«Nous allons talonner le nouveau gouvernement pour plus d’équité», a-t-elle martelé.
Déjà, Ruba Ghazal exige du premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon qu’il débloque dès mercredi des fonds d’urgence pour l’itinérance.
«Aucune personne sensée trouve ça normal de laisser du monde dormir dehors à des températures invivables», a-t-elle déclaré.
«Les personnes qui dorment dans les entrées de commerces, sur les bancs de parcs, dans leurs voitures, dans le métro (...) ont besoin qu’on agisse le plus vite possible», a-t-elle insisté.
Mme Ghazal a dit avoir l’intention de «collaborer» avec le gouvernement péquiste, sans jamais lui donner un «chèque en blanc».
Elle a décoché une première flèche à PSPP: la création d’un poste de négociateur pour son député défait Pascal Paradis est une «nomination partisane», a-t-elle accusé.
«M. St-Pierre Plamondon a souvent dénoncé (...) les nominations partisanes. Maintenant, ils font la même chose», a-t-elle lancé.
Pour le reste, «on va s’opposer à toute mesure qui (...) affaiblit nos services publics, rompt avec la tradition d’accueil ou nous fait reculer sur la protection de l’environnement», a-t-elle juré.
QS a fait élire neuf députés le 5 octobre dernier, soit deux de moins qu’en 2022. Il a réussi à conserver des sièges à Montréal, à Québec et à Sherbrooke.
Son leader parlementaire, Alexandre Leduc, a dit mardi avoir bon espoir que le parti sera officiellement reconnu comme groupe parlementaire, même s’il n’a pas les 12 députés requis.
«On a reconnu le PQ à trois députés la dernière fois. Je m’imagine mal une circonstance où on serait neuf et on ne bénéficierait pas de cette reconnaissance», a-t-il souligné.
Le député solidaire de Taschereau, Etienne Grandmont, sera leader adjoint, tandis que la nouvelle députée de Sherbrooke, Stéphanie Vachon, a été nommée whip.
Le caucus solidaire accueille quatre recrues, dont l’ex-député néo-démocrate Alexandre Boulerice. Après avoir prêté serment, elles ont toutes été ovationnées, mardi.
«Québec solidaire! Québec solidaire!» a scandé la foule. Mme Ghazal, tout sourire, a brandi un keffieh, ce foulard palestinien, ce qui a encouragé quelques invités à agiter les leurs.
Elle a expliqué son geste en point de presse après la cérémonie: «Je suis 100 % Québécoise et 100 % Palestinienne, j’ai deux nations», a-t-elle résumé.
Citant Gérald Godin, elle a déclaré à propos de l’immigration: «Dans ce domaine, un peu comme dans l’amour, plus on donne, plus on reçoit.»
