Lors d’une conférence de presse sur un autre sujet à Calgary, Mme Smith a été interrogée sur sa prochaine rencontre avec la première ministre du Québec, Christine Fréchette, et sur les discussions prévues concernant un corridor énergétique est-ouest.
«J’ai dit aux anciens premiers ministres, à chaque fois que je les ai rencontrés, que je leur avais parlé de l’exploitation de leurs propres ressources substantielles en gaz naturel, afin qu’ils puissent devenir autonomes sur le plan énergétique vis-à-vis des États-Unis et développer également une capacité d’exportation vers l’Europe», a déclaré Mme Smith lundi.
«Je sais que Mme Fréchette avait évoqué la possibilité de relancer cette discussion.»
Par le passé, Mme Smith a encouragé le Québec à développer son secteur énergétique afin de générer davantage de recettes, dans le but d’accroître son poids au sein du programme de péréquation du pays.
Ce programme financé par le gouvernement fédéral octroie des fonds aux provinces aux revenus plus faibles — notamment le Québec, le Manitoba et les provinces de l’Atlantique — afin qu’elles puissent offrir des niveaux de services et des taux d’imposition similaires à ceux des provinces aux revenus élevés — notamment l’Alberta et la Saskatchewan.
«Donc, si les Québécois veulent être forts et souverains au sein d’un Canada uni, la première chose à faire est de développer leurs propres ressources», avait affirmé Mme Smith avant un discours à Montréal l’automne dernier.
«J’aimerais beaucoup voir le Québec développer une nouvelle source de revenus afin qu’il puisse réduire le montant de la péréquation qu’il reçoit», avait-elle ajouté.
Les paiements de péréquation constituent un point de discorde pour les séparatistes de l’Alberta, qui estiment être lésés par les politiciens de l’Est du Canada, où les provinces bénéficient le plus de ce programme.
Le 19 octobre, l’Alberta s’apprête à soumettre plusieurs questions référendaires aux électeurs, dont une sur la séparation. Elle demandera aux Albertains s’ils souhaitent rester au sein du Canada ou entamer le processus juridique menant à un référendum contraignant sur la sortie de la Confédération.
Interrogée sur le coût de la séparation, Mme Smith a répondu lundi qu’une Alberta indépendante pourrait devoir faire face à près de 400 milliards $ de coûts de transition et à environ 25 à 50 milliards $ de coûts annuels.
«Tous nos accords commerciaux devront être renégociés», a-t-elle reconnu.
«On ne bénéficie pas de droits acquis sur ces accords, ce qui entraînerait une perturbation de l’économie. On peut supposer que des droits de douane s’appliqueraient immédiatement à tous les biens échangés.»
Le Québec encourage depuis longtemps les mouvements prônant la séparation du Canada; la sécession pourrait donc également être un sujet de discussion entre Mme Smith et M. Fréchette, tout comme une plus grande indépendance des provinces vis-à-vis du gouvernement fédéral.
«Je sais que le Québec m’a inspirée à plusieurs égards pour l’adoption de lois, comme la Loi sur les priorités provinciales et d’autres, en m’inspirant de la législation que j’ai vue au Québec», a souligné Mme Smith.
La première ministre albertaine a ajouté qu’elle ne prévoyait pas de rencontrer Paul-St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, pendant son séjour au Québec. Le PQ milite pour la sécession du Québec.
Mme Smith a déclaré que, bien qu’elle-même et Mme Fréchette souhaitent que l’Alberta et le Québec restent au sein du Canada alors que le séparatisme s’intensifie dans leurs provinces respectives, les deux ont un intérêt commun à renforcer leur autonomie.
«Je pense que nous pouvons établir un partenariat solide entre le Québec et l’Alberta, non seulement sur la manière de remettre le pays sur les rails afin qu’il fonctionne comme prévu à l’origine, mais aussi sur un corridor énergétique», a soutenu Mme Smith.
