Le Canada a le potentiel de renforcer la sécurité énergétique de l’Europe grâce à une nouvelle alliance, mais, selon des experts, cela ne signifie pas nécessairement que des navires chargés de pétrole ou de gaz naturel liquéfié traverseront l’océan Atlantique.
Le premier ministre Mark Carney était à Strasbourg, en France, cette semaine, où il a discuté avec les dirigeants de l’Union européenne du renforcement des liens sur plusieurs fronts, dans un contexte de relations tendues avec les États-Unis.
Werner Antweiler, économiste à l’Université de Colombie-Britannique, estime que l’Europe se trouve dans une «situation précaire» alors qu’elle cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis des importations d’énergie russe à la suite de l’invasion de l’Ukraine par ce pays en 2022.
Le Canada dispose de pipelines et d’infrastructures portuaires pour exporter du pétrole et du gaz depuis la côte ouest vers l’Asie, mais aucune option de ce type n’existe à l’est et la mise en œuvre d’un tel projet pourrait prendre une décennie, voire plus.
En attendant, M. Antweiler explique que les entreprises européennes ont la possibilité de s’assurer un approvisionnement stable en gaz en provenance du Canada grâce à ce que l’on appelle des contrats d’échange, dans le cadre desquels une cargaison à destination de l’Asie, par exemple, pourrait être échangée contre une autre à destination du continent européen.
Rachel Doran, directrice générale de Clean Energy Canada, y voit une occasion prometteuse de fournir des minéraux essentiels à l’Europe, l’aidant ainsi à s’affranchir des combustibles fossiles et à développer son approvisionnement en énergie propre.
