Politique

À Calgary, des Albertains font la file pour signer une pétition en faveur de la séparation

Pourtant, récente enquête Ipsos a révélé que la plupart des Albertains s’y opposent.

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Les Albertains font la queue devant le Big Four Building Des Albertains font la file devant le Big Four Building pour signer une pétition visant à déclencher un référendum sur la sécession de l'Alberta du Canada, à Calgary, le lundi 26 janvier 2026. LA PRESSE CNADIENNE (Dayne Patterson)

Des campagnes de pétition appelant à un référendum sur la séparation de l’Alberta du Canada ont été organisées dans toute la province ces dernières semaines, partout, des petites communautés aux salles rurales, et maintenant pour la première fois à Calgary.

À l’extérieur du Big Four Roadhouse, lors d’une cérémonie de signature à Calgary, une file d’attente s’est formée, les gens attendant pour ajouter leur nom à la pétition.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

«L’Alberta se porterait mieux si nous nous séparions du reste du Canada», croit Scott Negraiff, qui a invoqué des raisons économiques et financières.

Tomas Variak, une autre personne qui a signé, a déclaré qu’il aimait toujours le Canada, mais qu’il était mécontent de la façon dont l’Alberta était traitée au sein de la fédération.

La pétition est organisée par le groupe Stay Free Alberta, qui souhaite organiser un référendum sur la question de savoir si la province devrait devenir un pays indépendant. Les partisans affirment que l’Alberta a été désavantagée par les politiques fédérales, notamment en matière de péréquation et de prise de décision nationale, qui, selon eux, favorisent l’Ontario et le Québec.

«On ne peut pas gouverner uniquement pour deux provinces. Il faut écouter les gens de toutes les régions du pays», a affirmé Gerry Winnicki.

«Nous avons envoyé 650 milliards de dollars à l’Ontario et au Québec au cours des 50 dernières années. Cela ne se fait nulle part ailleurs dans le monde. Alors, que voulez-vous que nous fassions ? Continuer?»

—  Gerry Winnicki, signataire de la pétition

En vertu de la loi sur les référendums de l’Alberta, les organisateurs doivent recueillir 177 732 signatures valides avant le 2 mai pour que la question soit vérifiée et éventuellement soumise à l’assemblée législative.

Jeffrey Rath, avocat général de Stay Free Alberta, s’est dit confiant que le groupe atteindra ce seuil.

«Nous sommes en bonne voie d’atteindre l’objectif d’un million de signatures que nous nous sommes fixé pour cette campagne. Cela enverra un message très fort aux politiciens de l’Alberta, afin qu’ils comprennent qu’il s’agit d’un véritable mouvement.»

Le Parlement de l'Alberta Le Parlement de l'Alberta, à Edmonton, le jeudi 31 octobre 2024. (Jason Franson/La Presse canadienne)

M. Rath a déclaré qu’une Alberta indépendante aurait la possibilité de réformer son système fiscal, notamment en supprimant l’impôt sur le revenu, la taxe sur le carbone et l’impôt sur les gains en capital.

Les obstacles à la séparation de l’Alberta

Malgré son optimisme, le chemin à parcourir comporte des obstacles.

Plusieurs groupes des Premières Nations ont intenté des poursuites judiciaires contre la pétition, arguant que l’Alberta ne peut pas poursuivre la séparation sans leur consentement, en invoquant les droits issus des traités et les obligations constitutionnelles.

Les dirigeants politiques ont également rejeté l’idée selon laquelle le séparatisme reflète la volonté de la plupart des Albertains. Le chef du NPD de l’Alberta, Naheed Nenshi, a déclaré que les conversations qu’il a entendues racontent une autre histoire.

«En fin de compte, l’argument le plus convaincant est celui que nous avons entendu de la part de centaines, voire de milliers d’Albertains au cours des derniers mois», a déclaré M. Nenshi. «Et cet argument est simple: les Albertains sont fiers d’être Canadiens. Ils l’ont toujours été et le seront toujours.»

Séparation de l'Alberta Une personne porte une casquette « Alberta First » alors qu'elle participe à la signature d'une pétition visant à organiser un référendum sur la séparation de l'Alberta à Stony Plain, en Alberta, le jeudi 22 janvier 2026. (Jason Franson/La Presse canadienne)

Les sondages semblent corroborer cette opinion. Une récente enquête Ipsos a révélé que la plupart des Albertains s’opposent à la séparation, même si environ un tiers d’entre eux y sont favorables, un niveau similaire à celui observé au Québec.

Cette comparaison a suscité un regain d’intérêt alors que le Parti québécois a rallié ses partisans autour de la perspective de l’indépendance du Québec lors de son congrès du week-end dernier, tandis que le premier ministre Mark Carney a exhorté les Canadiens à se concentrer sur l’unité nationale.

Le politologue Duane Bratt a déclaré que même si ni l’Alberta ni le Québec ne sont susceptibles de voter en faveur d’une séparation du Canada, le regain d’intérêt pour le séparatisme reflète les pressions plus larges auxquelles le pays est confronté.

«Je ne pense pas que l’un ou l’autre des référendums sera adopté», a déclaré M. Bratt.

«Mais beaucoup d’énergie est consacrée à l’unité nationale à un moment où le Canada est confronté à des menaces extérieures majeures, notamment de la part des États-Unis.»

Les gens font la queue pour signer une pétition visant à organiser un référendum. Des gens font la queue pour signer une pétition visant à organiser un référendum sur la séparation de l'Alberta, à Stony Plain, en Alberta, le jeudi 22 janvier 2026. (Jason Franson/La Presse canadienne)

Lors de l’événement de Calgary, certains partisans se sont empressés de faire la distinction entre l’indépendance et l’alignement avec un autre pays.

«Je ne pense pas que quiconque dans cette file d’attente soit intéressé par une adhésion aux États-Unis», a dit M. Negraiff.

Pour les personnes présentes, il s’agit avant tout d’une question d’indépendance.