Un homme de Saint-Basile-le-Grand, en Montérégie, a plaidé coupable d’homicide involontaire après avoir mortellement poignardé sa femme au cou lors d’une dispute il y a deux ans.
Mohamed Ali Mosbah, 56 ans, avait initialement été accusé de meurtre au deuxième degré après le décès de sa femme, survenu le 18 février 2024. Il a plaidé coupable de cette infraction mardi au palais de justice de Longueuil.
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.
Selon un exposé conjoint des faits, la dispute trouvait son origine dans un conflit non résolu depuis des années entre le couple, portant sur le temps que M. Mosbah passait avec ses enfants issus d’un précédent mariage.
Un juge a prononcé une interdiction de publication dans cette affaire, ce qui empêche la divulgation de détails concernant l’identité des deux témoins du meurtre.
Selon le document judiciaire, le jour du meurtre, l’épouse de M. Mosbah, Hayette Bouguellid, s’est mise en colère parce qu’il allait rendre visite à ses enfants, qu’il n’avait pas vus depuis environ une semaine en raison des célébrations de l’anniversaire de Mme Bouguellid.
Elle lui a crié dessus à ce sujet, en lui disant : «Tu ne vas pas voir tes enfants, tu vas voir une autre femme !» et «Ne reviens pas, ne rentre pas, fais tes valises !»
Ses tentatives pour parler à sa femme ayant échoué, il a quitté leur domicile de Saint-Basile-le-Grand comme prévu ce matin-là. Lorsqu’il est revenu dans la soirée, Mme Bouguellid lui a dit : «Comment va ta maîtresse ?» et l’a giflé.
«L’accusé est abasourdi. Aucune dispute antérieure n’avait jamais dégénéré au point d’en venir à la violence physique», selon l’exposé des faits.
Après qu’il lui eut tourné le dos, elle s’est dirigée vers la cuisine où elle a saisi une petite table basse en verre et a tenté de l’attaquer avec. Il l’a esquivée, et elle s’est dirigée vers la cuisine pour prendre un couteau.
Une lutte s’ensuit et M. Mosbah a réussi à saisir la main avec laquelle elle tenait le couteau et, au cours de l’altercation, il a poignardé Mme Bouguellid à trois reprises au cou, dont deux coups se sont avérés mortels.
Selon deux témoins présents sur les lieux, «l’accusé ne montre aucune réaction ; il ne parle pas, il ne la regarde pas, il ne regarde que la victime gisant sur le sol», indique le document.
Quelques instants avant l’arrivée de la police venue l’arrêter, M. Mosbah se souvient que sa femme lui a dit «Je t’aime, Ali» en arabe.
Le plaidoyer de culpabilité de l’accusé permet aux deux parties d’éviter de passer en jugement.
Le ministère public et la défense ont convenu que les actes de M. Mosbah dépassaient le cadre juridique des moyens de défense qu’il aurait pu invoquer lors du procès, tels que la provocation ou la légitime défense, «toutefois, ces moyens de défense potentiels auraient annulé l’intention spécifique requise pour une condamnation pour meurtre au deuxième degré».
M. Mosbah doit comparaître à nouveau devant le tribunal en mai pour le prononcé de la peine.

