Un chauffeur de camion transportant des marchandises dangereuses qui a fait marche arrière sur l’autoroute 20, dans la région de Montréal, après avoir manqué une sortie, s’est vu infliger une amende par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).
Vendredi, à 18h09, le conducteur a manqué le poste de contrôle routier de Saint-Mathieu-de-Belœil, situé sur la Rive-Sud de Montréal.
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.
La Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ), le syndicat représentant des centaines de constables de la sécurité routière et d’agents de contrôle routier dans la province, a publié sur sa page Facebook les images de vidéosurveillance qui ont immortalisé l’incident.
Selon la publication, le camion-citerne transportait du dioxyde de carbone liquide réfrigéré.
«C’était très dangereux»
Jean-Claude Daignault, président du syndicat, a déclaré à CTV News qu’il était dangereux pour le conducteur de faire marche arrière sur l’autoroute.
«Le conducteur a oublié de prendre la sortie ; il a arrêté son camion sur l’autoroute et a fait demi-tour, mais il n’y avait que deux voies», a expliqué M. Daignault.
«C’était très, très dangereux, car le camion transportait des marchandises dangereuses.»
À son arrivée au poste de contrôle, les agents de la circulation ont infligé au conducteur une amende de 1600 dollars, et celui-ci a perdu quatre points sur son permis de conduire. Son permis a également été suspendu pendant sept jours.
«Nous avons eu de la chance qu’il n’y ait pas eu d’accident, mais cela aurait pu avoir des conséquences graves, surtout avec des marchandises dangereuses», a déclaré M. Daignault.
Le syndicat appelle le ministre à agir
Le syndicat affirme que les inspecteurs routiers n’ont pu intervenir que parce que le conducteur s’est arrêté au poste de contrôle.
«Sans cette obligation, les agents n’auraient tout simplement pas pu intervenir en raison des restrictions qui continuent de limiter leurs opérations sur le réseau routier», a écrit le syndicat dans son message.
«L’incident d’aujourd’hui démontre une fois de plus la réalité sur le terrain : si ce conducteur ne s’était pas arrêté au poste de contrôle, il aurait tout simplement poursuivi sa route malgré le danger qu’il représentait pour les autres usagers de la route.»
Le syndicat précise également que cet incident n’est pas un cas isolé ; les conducteurs de poids lourds et le public signalent régulièrement au syndicat des manœuvres tout aussi dangereuses sur le réseau routier.
«Cependant, depuis la décision de justice qui a confiné les contrôleurs routiers à leurs postes de contrôle, ceux-ci ne peuvent intervenir que dans des circonstances très limitées. Dans la majorité des cas, ces conducteurs poursuivent leur route sans qu’aucune intervention ne soit possible», a écrit le syndicat.
«Nous interpellons le ministère de la Sécurité intérieure : qu’attendez-vous ? Il est grand temps que vous et votre gouvernement preniez les choses en main pour accélérer le déploiement des armes de service et la mise en œuvre de mesures correctives permettant aux inspecteurs de la route de reprendre leur rôle sur le réseau routier.»
Le ministre s’exprime
Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité intérieure, a commenté la vidéo en indiquant que le gouvernement s’efforce de remettre les agents de circulation sur les routes, conformément à la décision du Tribunal administratif.
«Il est important de noter que : dès février dernier, nous avons entamé le processus d’armement des agents de circulation et la formation a commencé ; il y a désormais 89 agents de circulation formés», a écrit M. Lafrenière.
«Le Tribunal administratif a accordé 27 dérogations dans son jugement. Il n’est pas juste d’armer les agents de circulation. En vertu du projet de loi n° 13, nous avons entamé le processus de transfert des agents de circulation vers le ministère de l’Intérieur, et ce transfert sera achevé en 2027.»
