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«Surveiller le Canada»: la DEA prévoit d’ouvrir de nouveaux bureaux au nord de la frontière

La Drug Enforcement Administration a désigné Vancouver comme un point d’entrée clé pour le trafic de fentanyl.

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Des agents de la Drug Enforcement Administration (DEA), accompagnés d'autres forces de l'ordre, interviennent sur les lieux près de MacArthur Park après que les autorités fédérales ont procédé à des arrestations pour des faits liés au trafic de stupéfiants, le mercredi 6 mai 2026, à Los Angeles. Photo AP Des agents de la Drug Enforcement Administration (DEA), accompagnés d'autres forces de l'ordre, interviennent sur les lieux près de MacArthur Park après que les autorités fédérales ont procédé à des arrestations pour des faits liés au trafic de stupéfiants, le mercredi 6 mai 2026, à Los Angeles. Photo AP (Jae C. Hong)

La Drug Enforcement Administration (DEA) a annoncé son intention de «garder un œil sur le Canada» en ouvrant deux nouveaux bureaux dans le pays afin de suivre et d’intercepter les flux de fentanyl vers les États-Unis.

Lors d’une audition au Sénat américain le 12 mai, l’administrateur de la DEA, Terrance Cole, a affirmé que l’agence fédérale américaine prévoyait d’ouvrir ces bureaux d’ici 2027, sans toutefois préciser leur emplacement. La DEA a toutefois désigné Vancouver comme un point d’entrée clé pour le trafic de fentanyl.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Selon M. Cole, les équipes de la DEA ont procédé à «d’importantes saisies de fentanyl au Canada» au cours des deux derniers mois, alors qu’elles continuent de cibler les cartels mexicains qui «ont commencé à produire et à fabriquer du fentanyl» au nord de la frontière.

M. Cole a indiqué que l’administration avait constaté une augmentation des «précurseurs (chimiques)» utilisés dans la production de fentanyl, notamment «arrivant au port de Vancouver» avant d’être expédiés vers les États-Unis.

Un camion de transport achemine un conteneur destiné à être chargé sur le porte-conteneurs Frankfurt Express de la compagnie Hapag-Lloyd, au terminal DP World Centerm du port de Vancouver, le dimanche 3 août 2025. LA PRESSE CANADIENNE Un camion de transport achemine un conteneur destiné à être chargé sur le porte-conteneurs Frankfurt Express de la compagnie Hapag-Lloyd, au terminal DP World Centerm du port de Vancouver, le dimanche 3 août 2025. LA PRESSE CANADIENNE (DARRYL DYCK)

Le port de Vancouver est le plus grand port du Canada. Il s’étend le long du front de mer de la région métropolitaine de Vancouver et relie le Canada à plus de 170 économies commerciales mondiales. Il se trouve à seulement 50 kilomètres au nord de la frontière entre Vancouver et l’État de Washington, mais n’est pas «trop loin» de l’Alaska, selon la sénatrice républicaine Lisa Murkowski.

Lors de l’audience, la sénatrice a demandé si Terrance Cole et le directeur du FBI, Kash Patel, concentraient leurs ressources sur la frontière entre le Mexique et les États-Unis tout en «baissant la garde» en ce qui concerne «la frontière nord».

Patel a répondu à la sénatrice que les trafiquants de drogue «ont su tirer parti de la sécurisation de la frontière sud et ont déplacé (leurs opérations au Canada)», pour acheminer la drogue «en Alaska et également sur le continent américain, sur les terres tribales».

Le directeur du FBI a assuré que l’agence avait obtenu certains succès en collaborant avec ses partenaires canadiens pour lutter contre le flux de drogues.

Drogues, armes à feu et voitures volées: ce que l’ASFC a intercepté au Québec en 2025 D’importantes quantités de drogues et d’armes à feu ont été saisies aux frontières québécoises en 2025, selon l'ASFC.

Terrance Cole a également expliqué à la sénatrice de l’Alaska que la DEA adopterait une approche holistique en menant des actions de sensibilisation au sein des communautés autochtones, tout en «gardant un œil sur les causes et les effets que nous observons avec les cartels mexicains qui pénètrent désormais au Canada».

CTV News a contacté l’Autorité portuaire de Vancouver Fraser pour obtenir des commentaires. Un porte-parole a déclaré par e-mail que «la sûreté et la sécurité au port de Vancouver nécessitent une approche coordonnée et multi-agences, impliquant les forces de police locales, la GRC, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), l’autorité portuaire et les exploitants de terminaux».

Le porte-parole a ajouté que bien que le port soit chargé de mettre en œuvre les mesures de sécurité, l’ASFC «est responsable de la protection des frontières aux points d’entrée, comme les terminaux à conteneurs».

CTV News a contacté l’ASFC mais n’a pas reçu de réponse.

Répression américaine contre le trafic de fentanyl

Le trafic de drogue est devenu un thème central du second mandat du président américain Donald Trump. L’année dernière, M. Trump a invoqué l’International Emergency Economic Powers Act pour justifier l’imposition de droits de douane importants sur plusieurs industries canadiennes après avoir déclaré l’état d’urgence lié au trafic de fentanyl à la frontière américano-canadienne.

La semaine dernière, la DEA a publié son Évaluation nationale de la menace liée aux drogues pour 2025, qui mettait en évidence les activités de trafic et de distribution des cartels mexicains. Le rapport mentionnait également des «superlaboratoires sophistiqués de fentanyl» au Canada, considérés comme une préoccupation croissante pour les États-Unis.

Selon le rapport, l’un de ces «superlaboratoires» a été saisi par la GRC en octobre 2024.

Fentanyl Fentanyl (fentanyl)

Dans une déclaration envoyée par courriel à CTV News, la GRC a soutenu que «les renseignements disponibles et les rapports opérationnels indiquent que les cartels mexicains n’ont pas de présence significative ou dominante dans le paysage de la production de drogues synthétiques au Canada».

Toutefois, la GRC affirme qu’elle continuera à travailler en étroite collaboration avec l’ASFC, la DEA, le FBI et le service américain des enquêtes de sécurité intérieure (HSI), ainsi qu’avec d’autres agences des Five Eyes et d’Amérique du Nord, afin de «perturber le trafic de précurseurs chimiques, démanteler les laboratoires clandestins et cibler les groupes criminels organisés impliqués dans la production et la distribution d’opioïdes synthétiques».

On estime que les flux de fentanyl en provenance du Canada sont nettement inférieurs à ceux en provenance du Mexique. En 2024, 22,7 kg de fentanyl provenant du Canada ont été saisis à la frontière canado-américaine, contre 9354 kg saisis à la frontière américano-mexicaine.