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Pourquoi la police a lancé une alerte Amber au milieu de la nuit?

L’alerte de dimanche a suscité un débat en ligne.

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Benoit Ricahrd Le capitaine Benoit Richard, de la Sûreté du Québec, s'adresse aux médias après la découverte, mercredi 18 juin 2025, d'un enfant de trois ans porté disparu, retrouvé vivant à St. Albert, en Ontario. (Christopher Katsarov/La Presse canadienne)

Dimanche, à 4 h 25 du matin, de nombreux Québécois ont été réveillés par une alerte Amber reçue sur leur téléphone concernant deux enfants portés disparus à Trois-Rivières, au Québec.

Les deux enfants ont été retrouvés sains et saufs à Saint-Paulin.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Cette alerte a suscité un débat en ligne sur le bruit émis lors de la notification et sur la possibilité de modifier la sonnerie.

Le capitaine Benoit Richard, de la Sûreté du Québec (SQ), a toutefois rappelé que 24 alertes ont été diffusées depuis 2003 et qu’elles n’étaient émises qu’en cas de risque de «blessures graves».

«Nous avons besoin que les gens réagissent lorsqu’ils entendent la sonnerie de leur téléphone», a-t-il indiqué. «Je sais que cette sonnerie est un peu agaçante, qu’elle tape sur les nerfs et tout ça, mais c’est justement ce que nous voulons. Nous voulons que les gens regardent leur téléphone pour voir ce qui se passe.»

Depuis 2021, 49 alertes ont été lancées à travers le pays, ce qui a permis de retrouver 61 enfants, soit un taux de réussite de 100 %.

M. Richard a déclaré que les trois dernières alertes, y compris celle du week-end dernier, avaient incité des citoyens à contacter la police, ce qui avait aidé les agents à retrouver les enfants disparus.

Pourquoi lancer une alerte?

Pour qu’une alerte Amber soit lancée, M. Richard a indiqué que trois critères devaient être remplis.

La personne enlevée doit être âgée de moins de 18 ans, et la police a besoin d’une preuve attestant qu’elle a bien été enlevée.

La police doit avoir des motifs de soupçonner que les enfants risquent de subir des violences physiques.

La police doit également disposer d’informations suffisantes concernant le ou les enfants (leur signalement), le véhicule dans lequel ils pourraient se trouver, ainsi que des informations sur la personne susceptible de les avoir emmenés.

«Parce que si on n’a aucune information sur la voiture ou sur la personne, ça complique un peu les choses», a expliqué M. Richard.

Il ajoute que, depuis 2003, on avait envisagé de lancer une alerte Amber à 44 reprises, et que 24 d’entre elles avaient été effectivement déclenchées.

«Si nous lancions une alerte Amber à chaque fois, ce serait l’enfer», a-t-il déclaré. «Le principe de l’alerte Amber est clair: un enfant a été enlevé, il y a un danger, et nous disposons d’informations susceptibles de nous aider à retrouver la personne qui l’a enlevé.»

«Donc, s’il est 2 heures du matin, on l’enverra à 2 heures du matin. S’il est 5 heures, ce sera à 5 heures», dit-il.

Il a expliqué que la procédure est similaire à celle d’une «Silver Alert» lorsqu’une personne âgée a disparu. Il faut disposer d’informations sur la personne, son état cognitif et son véhicule.

M. Richard soutient que chaque fois qu’une alerte est diffusée, qu’il s’agisse d’une alerte Amber ou d’un communiqué de presse concernant une personne disparue, la SQ le fait «de manière pertinente».

«Quand nous agissons ainsi, c’est parce que nous pensons sincèrement que cela peut nous aider à localiser ces personnes, à les retrouver et, si possible, à les ramener», a-t-il indiqué.

«Nous avons besoin de l’aide de tout le monde, car le temps presse.»