Patrouille

Mort par balle d’un jeune de 18 ans: la famille d’Emmanuel veut des réponses après le rapport du coroner

L’enquête de la coroner contredit celle du SPVM.

Publié le 

La famille d'Emmanuel Diafouka a organisé samedi une petite manifestation pour demander à la police de rouvrir l'enquête sur sa mort. La famille d'Emmanuel Diafouka a organisé samedi une petite manifestation pour demander à la police de rouvrir l'enquête sur sa mort. (CTV News Montreal)

Un nouvel espoir renaît pour la famille d’un jeune de 18 ans décédé par balle en janvier 2025, après qu’un rapport du coroner a rejeté la conclusion du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) selon laquelle il se serait enlevé la vie.

Le rapport rendu vendredi par la coroner Andrée Kronström indique que la mort d’Emmanuel Diafouka, survenue au parc Trottier à Dollard-Des Ormeaux, est «d’intention indéterminée».

«Tous les éléments de preuve recueillis au cours de l’enquête concordent avec une blessure auto-infligée à l’aide d’une arme à feu à canon scié. Cependant, malgré l’analyse du contexte personnel, des antécédents, des témoignages des membres de la famille et des conclusions médico-légales, les éléments de preuve disponibles ne permettent pas d’établir avec une certitude suffisante l’intention qui sous-tend cet acte», indique le rapport.

Ce texte est une traduction de CTV News.

«Bien que le défunt semble avoir manipulé l’arme à feu — dont l’origine reste inconnue —, les éléments de preuve disponibles ne permettent pas de conclure à une intention claire de mettre fin à ses jours. En l’absence de preuves objectives et concluantes établissant une intention suicidaire, l’hypothèse du suicide n’est pas retenue.»

La famille d’Emmanuel Diafouka a toujours émis des doutes quant à sa mort et à l’enquête du SPVM, et a rejeté la conclusion des enquêteurs.

Le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) travaille avec la famille et un communiqué de presse indique que l’enquête du SPVM a abouti à la conclusion d’un suicide à la suite d’une dispute avec son ex-compagne.

Le père du jeune homme, Jean-François, estime que l’enquête a été menée trop rapidement et que les enquêteurs n’ont pas interrogé les témoins et ont fait abstraction des circonstances et des éléments de preuve.

Sa mère, Chimene Moumpala, affirme que son fils aimait la vie et ne montrait aucun signe de dépression.

La coroner Kronström partage ce sentiment et écrit qu’«il n’existe aucune preuve convaincante permettant d’établir une intention suicidaire manifeste», ajoutant que les proches interrogés «ont unanimement déclaré n’avoir observé aucun changement de comportement inquiétant dans les jours qui ont précédé le décès».

Les conclusions du coroner, indique le communiqué du CRARR, ont apporté un certain réconfort et un soulagement à la famille, mais ont également soulevé des questions sur la manière dont Diafouka a pu se procurer le fusil semi-automatique raccourci de calibre 22 à chargeur amovible, une arme interdite.

«Cette conclusion du coroner va à l’encontre de la conclusion trop hâtive — et sans doute irresponsable — à laquelle étaient parvenus les enquêteurs du SPVM, qui nous a plongés dans une longue période de tourmente, de questionnements sans fin et de culpabilité», a lancé le père du jeune homme. «Sur quelle base le SPVM a-t-il conclu qu’il s’agissait d’un suicide, alors que les résultats de l’autopsie et des analyses balistiques n’étaient pas encore disponibles?»

Le rapport a établi que l’adolescent avait manipulé l’arme et qu’aucun tiers n’était impliqué, mais la famille se pose des questions.

Elle souhaiterait obtenir des réponses aux questions suivantes :

• Comment expliquer la présence de l’arme sous la jambe ou la cuisse droite du jeune homme, sachant qu’il était gaucher?

• Comment, et auprès de qui, Emmanuel s’est-il procuré cette arme, qui était manifestement une arme à feu interdite?

• La police a-t-elle mené une enquête approfondie sur l’origine et l’acquisition de cette arme à feu?

La famille a déposé une plainte officielle auprès du commissaire à la déontologie de la police et attend les résultats.

«Parfois, nous ne savons plus quoi penser ni quoi dire», a déclaré Mme Moumpala. «Mais une chose est claire: la mort d’Emmanuel devrait inciter tous les parents à faire preuve de plus d’amour et à accorder davantage d’attention à la vie de leurs adolescents, notamment en ce qui concerne l’accès aux armes à feu.»