La mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, a demandé au ministre de la Sécurité publique le déclenchement d’une enquête sur le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) et sur son directeur Patrick Bélanger en lien avec le décès tragique de Nooran Rezayi, abattu le 21 septembre dernier par des tirs policiers.
Mme Fournier dit avoir été mise au fait en novembre d’informations «très sérieuses» révélant plusieurs manquements présumés aux obligations légales et réglementaires du SPAL dans le dossier, alors qu’une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes est en cours.
Dans un communiqué publié jeudi, la mairesse Fournier demande à ce que la lumière soit faite sur le fil des évènements «pour préserver la crédibilité de l’organisation et pouvoir identifier les sources des manquements identifiés».
«Comme la Ville ne peut pas s’immiscer dans les opérations policières pour des raisons légales, une seule option se dégage clairement dans la loi: celle de demander au ministre de la Sécurité publique d’entreprendre les démarches pour lancer une enquête sur le SPAL en vertu de l’article 279 de la Loi sur la police», a-t-elle ajouté.
Le directeur du SPAL, Patrick Bélanger, a été informé et s’est engagé à ce que le SPAL collabore pleinement à l’enquête.
Le ministre de la Sécurité publique Ian Lafrenière, a publié une courte déclaration sur les réseaux sociaux en début de soirée affirmant que la demande de Mme Fournir est en cours d’analyse.
«Nous analysons la demande afin de déterminer les suites qui seront données, en coordination avec le BEI et le DPCP pour ne pas nuire aux enquêtes qui sont déjà en cours.»
— Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité publique
Par voie de communiqué, les avocats représentant la famille de Nooran Rezayi ont indiqué que celle-ci est «profondément choquée» par la lettre de Me Brigitte Bishop au SPAL. «Il s’agit d’une ingérence manifeste du SPAL dans l’enquête du BEI afin de protéger ses collègues, au mépris des lois et des principes fondamentaux de justice», ont écrit Me Virginie Dufresne-Lemire et Me Fernando Belton.
D’après le communiqué, «ce type d’agissements n’est malheureusement pas nouveau». Selon les deux avocats, le BEI est connu pour cela «depuis au moins 2016».
«Il est grand temps que ces comportements soient sanctionnés.»
— Me Virginie Dufresne-Lemire et Me Fernando Belton
«Cette décision émane de la transparence du directeur du SPAL, Patrick Bélanger, qui a lui-même communiqué à la Ville de Longueuil ces allégations de manquements aux procédures de déclenchement de BEI aussitôt connues», a quant à lui affirmé le corps policier.
Le service affirme également souhaiter que la démarche «puisse rassurer le public et permettre de faire toute la lumière sur les circonstances entourant le déclenchement de cette enquête indépendante du BEI et de l’appel qui est à l’origine de ce triste événement».


